L'affaire du vice-premier ministre toujours au centre de l'attention

Jiri Cunek, photo: CTK

Jiri Cunek, le vice-premier ministre accusé de corruption nie tout en bloc et attendra la réaction du procureur à sa plainte contre cette accusation pour décider de son avenir avec les autres membres du gouvernement.

Jiri Cunek, photo: CTK
Bref résumé du premier cas d'accusation de corruption en République tchèque d'un membre du gouvernement en fonction : le vice-premier ministre, Jiri Cunek, qui est aussi président des chrétiens-démocrates, sénateur et ancien maire de la ville de Vsetin, dans l'est du pays, aurait reçu un pot de vin de 500 000 couronnes dans une affaire de privatisation de logements appartenant à cette ville. Au début de l'affaire, une dénonciation de son ancienne secrétaire à la mairie qu'il aurait aussi harcelée sexuellement. En tentant de se disculper, niant toute tentative de corruption, Jiri Cunek s'est de plus en plus embrouillé dans ses explications, à tel point que le Sénat a même levé son immunité parlementaire le livrant ainsi à la justice. La police a prétendu qu'elle disposait d'assez de preuves pour l'inculper de corruption, mais Jiri Cunek assure qu'il possède, lui aussi, assez de preuves de son innocence. Il a présenté une plainte contre cette accusation et précise :

« Nous attendons que cette plainte soit réglée en une semaine et nous verrons ensuite. Je suis persuadé que le procureur respectera la loi et rendra une décision rapide et juste. »

Quoi qu'il en soit, l'affaire fait grand bruit dans les milieux officiels. Du côté gouvernemental, certaines voix commencent à demander la démission de Jiri Cunek, surtout au sein du Parti des Verts. Les chrétiens-démocrates sont des plus réservés. Le Premier ministre, président du Parti civique démocrate, Mirek Topolanek, est en vacances pour une semaine. Il y a quelques jours, il avait affirmé qu'il ne demanderait pas la démission de son vice-premier ministre. Du côté de l'opposition, la social-démocratie se montre plus orageuse. Son président, Jiri Paroubek, demande la démission immédiate de Jiri Cunek :

Jiri Paroubek, photo: CTK
« Les politiciens sociaux-démocrates ont donné leur démission, sous mon gouvernement, lors de soupçons publiés par les médias seulement. Il ne s'agissait pas d'accusation directe de corruption comme dans le cas du vice-premier ministre. Si nous voulons vraiment faire partie de l'Europe de l'Ouest, cela comprend aussi la présomption de culpabilité et nous devons respecter cette manière de conduite. »

Avant que ne tombe la décision du procureur, mais aussi de son supérieur, le Premier ministre, il semble que Jiri Cunek ait décidé, sur les conseils de son avocat, de s'enfermer dans le mutisme. Bien lui en prendra, peut-être, car les médias commencent à parler d'autres moyens financiers de provenance inexpliquée...