L'opposition proteste contre l'intervention du Parquet général dans l'affaire Cunek

Jiri Cunek, photo: CTK

La récente intervention du Parquet général dans l'affaire du vice-premier ministre, Jiri Cunek, a provoqué de vives protestations des partis de l'opposition et a soulevé de nombreuses questions sur la légitimité d'un tel acte.

Renata Vesecka, photo: CTK
Jiri Cunek a beau dire qu'il est traité par la justice tchèque comme n'importe quel autre citoyen de son pays. Le fait qu'il soit vice-premier ministre, ministre de l'Aménagement du territoire et chef du Parti chrétien démocrate KDU-CSL, a projeté son affaire au premier plan de l'actualité politique, et en a fait une sorte de pierre de touche de l'indépendance des organes de la justice tchèque. Soupçonné d'avoir touché, il y a cinq ans, un dessous de table de 500 000 couronnes, Jiri Cunek rejette en bloc les accusations et refuse de démissionner. Le ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, son collègue dans le cabinet de Mirek Topolanek, a déjà signalé son intention de démissionner, au cas où Jiri Cunek ne se retirerait pas du gouvernement après son éventuelle inculpation.

Cependant, au moment où l'enquête de la police touchait à sa fin et où l'inculpation semblait imminente, le Parquet général a dessaisi de ce dossier le procureur de la ville de Prerov, Radim Obst, et en a chargé le procureur de la ville de Jihlava, Arif Salichov. Cette mesure inattendue, qui retardera sensiblement une éventuelle inculpation, a provoqué une vive réprobation des partis d'opposition. La procureure générale Renata Vesecka s'est vue accuser d'agir sous la pression politique. Elle s'en est défendue à la télévision publique :

« Je considère comme mon devoir d'élever la voix pour me défendre contre les affirmations selon lesquelles la décision du Parquet général (il ne s'agissait donc pas de ma propre décision), aurait été faite sur commande politique pour manipuler cette affaire ou qu'elle aurait même été contraire à la loi. A mon avis, de telles affirmations sont à la limite de l'agression contre un organe d'Etat. »

Jiri Cunek, photo: CTK
Comme il fallait s'y attendre, ces paroles n'ont pas suffi pour apaiser les protestations. Selon le chef du Parti social-démocrate, Jiri Paroubek, la police et les parquets de plusieurs niveaux font, depuis des semaines, l'objet d'une pression politique pour intervenir dans l'affaire Cunek. L'ancienne procureure générale Marie Benesova va encore plus loin, en affirmant que la décision de dessaisissement prise par Renata Vesecka est une infraction à la loi :

« Renata Vesecka a non seulement fait une faute, faute est un mot inadéquat, Renata Vesecka a transgressé par cet acte, sans équivoque, les compétences que lui réserve la loi, plus précisément le code pénal et la loi sur le Parquet général. »

Et Marie Benesova de constater que c'est une raison pour la révocation de la procureure générale. Cette dernière demande pour sa part une audition au Parlement pour expliquer les raisons de son acte. Elle sera probablement entendue, ce mardi, par la Commission constitutionnelle et juridique de la Chambre des députés. L'opposition, elle, exige les explications du Premier ministre et du ministre de la Justice et demande la convocation, ce vendredi, d'une session de la Chambre qui se pencherait sur les dernières évolutions de l'affaire Cunek.