« L'affaire Kubice », dernier scandale avant l'isoloir

Jan Kubice, photo: CTK

A moins de 48 heures de l'ouverture des bureaux de vote pour le renouvellement de la Chambre des députés, un nouveau scandale vient pourrir le climat de la campagne électorale, une campagne déjà entachée de plusieurs affaires de corruption et de trafic d'influences. Cette fois-ci, c'est sur le Premier ministre lui-même que pèsent les soupçons.

Jan Kubice, photo: CTK
Quand un policier sort de l'ombre... ou comment la tension peut monter de plusieurs crans d'un seul coup après les révélations fracassantes du chef de l'unité d'élite de lutte contre le crime organisé. Jan Kubice - son nom est désormais à la une de tous les quotidiens du pays - affirme qu'il n'est plus en mesure d'exercer son métier de manière efficace, à cause des pressions exercées par les responsables politiques.

Pas de preuves directes, mais un faisceau d'indices rassemblés dans un rapport présenté par Kubice devant la Commission de la Défense de la Chambre basse du Parlement. Un rapport qui aurait dû rester secret mais qui est devenu une véritable bombe pour le parti social-démocrate au pouvoir et pour l'actuel Premier ministre, accusé d'être lié aux truands qui remplissent les pages « Faits divers » des journaux depuis des mois, dont Frantisek Mrazek, assassiné en janvier dernier.

Le Premier ministre Jiri Paroubek, photo: CTK
Pire, l'officier laisse entendre que Jiri Paroubek aurait eu « à sa disposition » une jeune fille mineure, fille d'un ancien agent de la police communiste. « Des mensonges répugnants », voilà ce qu'a répondu le chef du gouvernement, qui s'est empressé de dénoncer des « pratiques putschistes » orchestrées selon lui par le principal parti d'opposition, l'ODS.

Le chef de l'ODS, Mirek Topolanek, avait déjà accusé le Premier ministre d'entretenir des relations étroites avec le crime organisé lors d'un récent débat télévisé. Mis en cause lui aussi dans une affaire de corruption ces derniers jours, M. Topolanek affirme aujourd'hui que ces relations constituent « la plus sérieuse menace pour la stabilité politique et la sécurité du pays depuis 1989 ».

Mirek Topolanek
« L'affaire Kubice » est loin d'être claire et ne sera pas élucidée avant les élections. Ce qui est déjà sûr en revanche, c'est qu'elle vient parachever une campagne négative dans laquelle les coups portés à l'adversaire ont été rudes.

« Je dirais presque que le mois de mai a été un mois de diffamation, confie Erik Best, qui commente quotidiennement la politique tchèque dans une lettre publiée sur internet. Je crois que dans cette campagne, l'objectif n'est pas de dire qui est le meilleur mais plutôt qui est le pire, et surtout de ne pas dire ce qu'on va faire après les élections et de quelle façon on va améliorer la situation dans la République tchèque », poursuit-il.

Pour les citoyens tchèques que cette triste campagne n'aura pas découragé de se rendre aux urnes, les bureaux de vote leur seront ouverts vendredi et samedi prochain. Lors des dernières élections législatives de 2002, le taux d'abstention avait déjà atteint 42%