Langues étrangères : même sans qualification, les locuteurs natifs pourront continuer à enseigner

Photo: Filip Jandourek, ČRo

Adoptée en 2005, la loi sur les enseignants entrera en vigueur en janvier prochain. Ce texte stipule qu’entre 2004 et 2014, tous les enseignants sans diplôme spécialisé doivent posséder ou au moins entamer une formation pédagogique, sans laquelle ils ne seront plus autorisés à exercer leurs fonctions. Problème : en 2014, 17 000 personnes ne remplissent toujours pas les nouveaux critères. Face au mécontentement général, le ministre de l’Education, Marcel Chládek, a été contraint de faire adopter dans l’urgence un amendement à la loi, qui exempte notamment les professeurs de langues étrangères locuteurs natifs de cette obligation.

Photo: Filip Jandourek, ČRo
Il n’y a pas qu’en France que les réformes dans le système de l’Education nationale font débat. Mais là où les Français discutent principalement des rythmes scolaires, les Tchèques, eux, s’apprêtent à établir le niveau de qualification que doit présenter un enseignant. Concrètement, un master délivré par une faculté de pédagogie ; faculté spécialisée dans la formation des enseignants du primaire et du secondaire.

Dans le cas des professeurs de langues, cela sous-entend des contraintes non seulement pour ceux qui ont suivi un cursus universitaire de moins de cinq ans, mais aussi pour tous ceux titulaires d’un master de langues, (lettres ou philologie), et non pas de pédagogie. Ces derniers ont jusqu’à cet été pour s’inscrire en faculté de pédagogie. Porte-parole du ministère de l’Education Klára Bílá explique le sens de la nouvelle législation :

« Si un enseignant du primaire, qui possède un master spécialisé pour enseigner dans le primaire, souhaite enseigner au collège ou au lycée, il devra compléter son profil dans le cadre du programme de formation continue, avec une qualification correspondante supplémentaire. Dorénavant, l’enseignant devra avoir une qualification spécifique pour chaque matière à tout niveau du système éducatif. »

Mercredi, le gouvernement a cependant approuvé une exception. Celle-ci concerne d’une part les enseignants âgés de plus de 55 ans et possédant au minimum vingt années d’expérience, et d’autre part les étrangers locuteurs natifs, enseignants de langues très prisés dans les écoles tchèques. Klára Bílá :

Photo: Archives de Radio Prague
« L’exception stipulée dans l’amendement à la loi sur les enseignants concerne les locuteurs natifs dans ce sens où ceux-ci pourront continuer à enseigner à condition qu'ils soient titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur, quelle que soit la matière. Et à la différence de ce qui prévaut pour les enseignants tchèques, un niveau de licence leur sera suffisant. Toutefois, si le proviseur d'un établissement est en mesure de démontrer qu’il n’a pas réussi à trouver d'enseignant qualifié pour en remplacer un autre sans diplôme, il sera autorisé à garder temporairement ce dernier. »

En ce qui concerne les locuteurs natifs, c'est donc toujours aux établissements qu'il appartiendra de décider s’ils préfèrent employer un enseignant tchèque qui aura suivi une formation d'enseignement de langues à la faculté de pédagogie ou un locuteur natif. Encore faudra-t-il que l'établissement dispose de moyens suffisants pour payer son salaire. En effet, les services d'un locuteur natif sont pris en charge par les établissements eux-mêmes, à la différence de ceux des enseignants tchèques qui le sont par le ministère.