L'association Emmaüs, fondée par l'Abbé Pierre, soutient 100 sans-abri en Tchéquie

L'Abbé Pierre, photo: CTK

« L'ami des sans-abri qui interpellait les hommes politiques », « Plus célèbre que Zidane », titrent les quotidiens tchèques, en rappelant à leurs lecteurs qui était l'Abbé Pierre.

L'Abbé Pierre, photo: CTK
« L'ami des sans-abri qui interpellait les hommes politiques », « Plus célèbre que Zidane », titrent les quotidiens tchèques, en rappelant à leurs lecteurs qui était l'Abbé Pierre. Dans les pages de Lidove noviny, le philosophe Zdenek Müller range le prêtre parmi ces héros de la France, adulés dans leur patrie, mais beaucoup moins connus au-delà des frontières de l'Hexagone. Il retrace ensuite tout le parcours singulier de l'Abbé, son engagement en faveur des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, sa carrière politique, ainsi que les débuts de son aide aux déshérités, à la fin des années 1940 et son fameux appel sur les antennes de Radio-Luxembourg, lancé en 1954. « L'Abbé Pierre a initié la renaissance de la conscience humaniste »,écrit Zdenek Müller, « conscience que nous voyons se transformer, dans les médias (et à la télévision en particulier), en show », constate le philosophe, en citant l'exemple du Téléthon français.

La presse tchèque évoque également son soutien controversé apporté à Roger Garaudy, traduit en justice pour négationnisme, son refus de porter La Légion d'honneur, en signe de protestation contre la politique de l'Etat français à l'égard des sans-abri, ou encore ses positions peu orthodoxes sur le célibat des prêtres et sur l'Eglise en tant que telle.

L'Abbé Pierre, photo: CTK
Depuis 1991, les communautés Emmaüs fondées il y a presque 60 ans par l'Abbé Pierre, existent aussi en République tchèque. Trois centres à Prague, à Rychnov nad Kneznou et à Most sont mis à la disposition des plus pauvres, des hommes uniquement. Ils sont une centaine actuellement à profiter des services qui leurs sont offerts par l'association civique Emmaüs République tchèque. Sa présidente Hana Blahova explique :

« Nous leurs proposons différentes formes de soutien. Ils sont hébergés et nourris, bien évidemment. On leur propose aussi une assistance sociale qui a pour objectif de les réintégrer à la société. On les aide à trouver un emploi, ils ont l'occasion d'apprendre à travailler à l'ordinateur, par exemple. Ils peuvent fréquenter des 'Job-clubs', tout cela pour qu'ils soient capables eux-mêmes de trouver du travail lorsqu'ils quittent la communauté. »

« Les gens nous offrent des objets dont ils ne se servent plus, des vêtements, des meubles, des électroménagers, mais nous ne vivons pas uniquement de ces dons. Nous sommes dépendants des subventions de l'Etat. Nous louons aussi un petit hôtel, nous exploitons quelques magasins où nous vendons de vieux objets réparés ou des produits fabriqués par nos clients. »