Le blocage continue

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Bien que ca devienne monotone et rébarbatif, nous sommes obligés de vous informer tous les jours des divergences entre l'Autriche et la Tchéquie dues à la mise en service de la centrale nucléaire de Temelin. Vaclav Richter vous proposera la suite de cette histoire interminable qui assombrit les relations tchéco-autrichiennes.

Comme il fallait s'y attendre la rencontre entre les ministres de l'Intérieur d'Autriche et de Tchéquie Ernest Strasser et Stanislav Gross n'a pas apporté la solution des problèmes tchéco-autrichiens. Les deux ministres ont promis cependant de poursuivre leur dialogue le 20 octobre à Bratislava à l'occasion d'une rencontre des cinq ministres de l'Intérieur des pays centre-européens. Les militants autrichiens contre la centrale de Temelin refusent de rendre les armes. Au contraire, ils ont décidé de poursuivre le blocus de postes frontière et de l'étendre, à partir de ce vendredi, sur tous les passages de la frontière entre l'Autriche et la Bohême et sur une partie de ceux entre l'Autriche et la Moravie. La diplomatie tchèque, critiquée pour son passivité dans cette affaire par les routiers bloqués à la frontière, s'est adressée à l'Union européenne en lui demandant des consultations sur cette affaire. La partie tchèque respecte le droit des Autrichiens de manifester leur opinion sur la centrale de Temelin mais elle reproche aux autorités autrichiennes de tolérer et même d'appuyer le blocus. Le Premier ministre Milos Zeman a souligné dans ce contexte que la frontière tchéco-autrichienne est aussi la frontière des pays ayant signé les accords de Schengen et celle de l'Union européenne. Le Premier ministre tchèque en déduit que le blocage nuit non seulement à la Tchéquie mais à l'ensemble des pays de l'Union. Une partie de l'opposition tchèque critique le gouvernement pour son attitude dans cette affaire et souligne qu'avant de s'adresser aux organes de l'Union la diplomatie tchèque devait poursuivre encore les pourparlers bilatéraux avec l'Autriche. De même le Président Havel estime qu'il faut donner la priorité aux entretiens bilatéraux, mais il souligne également que le blocage ne peut pas résoudre le problème. Selon le vice-ministre tchèque des Affaires étrangères Pavel Telicka bien que le blocage viole le traité d'association entre la Tchéquie et l'Union, il ne faut pas encore insister sur cet aspect du problème qui risque d'aggraver davantage la situation. Il estime que les consultations avec l'Union seront probablement longues et n'auront pas un caractère d'arbitrage. A son avis l'attitude de la France face à cette affaire n'est pas tout à fait claire. Il admet que la France, grand producteur d'énergie nucléaire, ait de la compréhension pour l'attitude de la République tchèque mais ajoute que cette compréhension ne va pas au-delà de la construction et de la mise en service de la centrale de Temelin.