Le cinéma tchèque en 2001

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Qu'est-ce que l'année 2001 a apporté au cinéma tchèque? Un petit bilan par Vaclav Richter.

En 2001, on a réalisé 18 films en Tchéquie, ce qui n'est pas un résultat maigre pour un pays dont la population avoisine 10 millions d'habitants. Cette production relativement abondante a été dominée par "Le Monde en bleu foncé" de Jan Sverak. Le film sur l'héroïsme simple de pilotes tchèques dans l'armée britannique, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, était attendu avec beaucoup d'espoir car la précédente oeuvre de Jan Sverak, "Kolya", avait obtenu un Oscar aux Etats-Unis. En Tchéquie, le film a attiré déjà 1 million de spectateurs, et il ne se porte pas mal non plus dans les cinémas étrangers. Reçu avec sympathie, déjà, par le public britannique, « Le Monde en bleu foncé » entre, ces jours-ci, dans la distribution aux Etats-Unis et pourra participer, donc, à la course aux Oscars non seulement dans le groupe des films étrangers mais aussi dans d'autres catégories. Rappelons dans ce contexte, qu'un autre film tchèque, "Il faut s'entraider", du réalisateur Jan Hrebejk, a décroché, en 2001, la nomination pour les Oscars. A part cela, le cinéma tchèque nous a donné, cette année, une comédie musicale, "Les Rebelles", histoire de trois jeunes déserteurs située en 1968, juste avant l'invasion des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie. Son succès est dû, en grande partie, aux tubes des années soixante qui font battre, non seulement, les coeurs des nostalgiques de cette période, mais subjuguent aussi un public beaucoup plus jeune. La bande sonore de ce film figure en tête du classement, parmi les disques les plus demandés de l'année. Passons sur plusieurs comédies, plus ou moins ratées, et sur une tentative discutable du réalisateur Vaclav Vorlicek de porter à l'écran la célèbre série de livres pour enfants, "Mach et Sebestova". De même, la dernière oeuvre de Vera Chytilova, "Chassés du paradis", une moralité grinçante sur les faiblesses et l'hypocrisie humaine, a été loin d'être un succès. L'attention de la critique a été attirée par une étude psychologique de Petr Vaclav "Les mondes parallèles", qui a permis de déployer leurs talents aux excellents comédiens, Lenka Vlasakova et Karel Roden. Le réalisateur Jan Svankmajer nous a donné sa version de "Otesanek" conte connu de tous les petits Tchèques. Cette histoire d'un enfant glouton, qui finit par dévorer ses parents, est devenue, dans l'interprétation de ce réalisateur inimitable, un film d'horreur qui en dit long sur nos aveuglements et sur notre lâcheté. La grande partie de cette production a eu les faveurs du public, car le spectateur tchèque aime le cinéma de son pays et est déjà rassasié des films étrangers.