Le Conseil économique national du gouvernement analyse les enjeux en période de crise économique

La République tchèque a fortement besoin de mettre sur pied les réformes nécessaires et de prendre des mesures d’austérité, pour ne pas voir se creuser de façon dramatique son endettement. C’est le principal avertissement qui ressort du rapport final du Conseil économique national du gouvernement (NERV) que celui-ci vient de publier, avant de mettre fin à ses activités, qui n’ont duré que quelques mois.

Le Conseil économique national du gouvernement comptant une dizaine de membres a été créé en janvier 2009 en tant qu’organe consultatif du Premier ministre, dans le but de préparer des mesures anti-crise. Les efforts de cet organe ont débouché sur un lot de recommandations économiques et politiques qui sont adressées aux représentants politiques et qui sont censées profiter au pays. Vladimír Dlouhý, ex-ministre de l’Economie, précise :

« Il y a beaucoup de mesures qui ne seront pas très populaires, notamment celles à court terme, ça c’est clair. Mais nous estimons que nous avons réussi à bien résumer et à analyser les principaux problèmes que notre pays affronte à l’heure actuelle, ainsi que les enjeux auxquels il doit faire front avec la longue et moyenne perspective ».

Le système des retraites, la santé publique et le système social. Ce sont les domaines qui, selon le NERV, nécessitent de promptes réformes. Concrètement parlant, il s’agit par exemple de repousser continuellement l’âge de la retraite, d’augmenter la concurrence entre les caisses d’assurance, de réduire considérablement les prestations sociales ou les allocations chômage ou encore de lutter contre la corruption.

Le rapport recommande en outre de définir des cadres de dépenses pour les différents ministères pour une période de cinq ans et d’introduire des sanctions au cas où ceux-ci ne seraient pas respectés.

Miroslav Zámečník et Vladimír Dlouhý, photo: CTK
Selon Miroslav Zámečník, c’est en l’espace de deux ou trois prochaines années que la République tchèque devrait adopter les recommandations afin de pouvoir lutter contre la récession économique. Sinon, elle risque de s’y voir obligée tant bien que mal par le Fonds monétaire international. On écoute cet économiste:

« Il est bon de voir ce qui s’est passé en Hongrie. Si nous ne faisons pas ce qu’il faut de notre propre gré, et si nous ne menons pas une réflexion structurée, si nous ne faisons pas les démarches qu’il faut pour atteindre une consolidation fiscale, nous y serons amenés par le Fonds monétaire international ».

La scène politique tchèque, plus fragilisée que jamais, sera-t-elle encline à prêter l’oreille aux recommandations que le rapport « des sages » contient ? D’après les mauvaises langues, rien que d’accepter de le lire ne serait pas si mal que ça.