Le mardi des grèves

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Ce sont avant tout les réformes réalisées par le cabinet Mirek Topolánek qui étaient visées par la Confédération tchéco-morave des syndicats lorsqu’elle a décidé d’organiser une grève d’avertissement à laquelle se sont jointes plusieurs autres organisations syndicales. Ce mardi, ce sont donc les ouvriers des grandes entreprises industrielles et des mines mais aussi médecins, infirmiers, enseignants, mécaniciens des chemins de fer, chauffeurs de taxi, et autres, qui ont participé à la grève.

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Selon les syndicalistes, il s’agirait de la plus grande action de ce genre organisée depuis le début des années 1990. Les grévistes reprochent au gouvernement de Mirek Topolánek d’avoir déclenché par ses réformes la spirale d’inflation, ce qui a provoqué une baisse des salaires réels dans l’enseignement, dans la santé et dans le secteur public. Ils protestent également contre la réforme du système des retraites et notamment contre la limite d’âge pour le départ à la retraite qui devrait être repoussée à 65 ans. Le chef de gouvernement Mirek Topolánek, principal responsable de ces changements controversés, ne considère pas cependant ces reproches comme justifiés :

Mirek Topolánek,  photo: CTK
«La grève ne concerne pas la défense des intérêts des employés dans le cadre de négociations collectives. Elle ne fera que nuire aux intérêts des employeurs et ses retombées nuiront finalement aussi aux employés. Depuis le début des réformes, le 1er janvier 2008, les salaires réels dans l’industrie ont augmenté de 3,8 % et de 5,4 % dans le secteur du bâtiment.»

Ce sont les médecins et le personnel hospitalier qui ont ouvert cette journée de protestations. Dans certains hôpitaux le mouvement de grève a commencé dès 6 heures du matin. Le chirurgien Miloš Voleman, président du Club syndical des médecins de l’Hôpital universitaire de Královské Vinohrady à Prague, explique les raisons de l’inquiétude du personnel de la santé publique :

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«De notre point de vue, les changements les plus négatifs et les plus controversés sont les projets de transformation des hôpitaux en sociétés par actions et surtout la transformation des caisses d’assurance maladie en société par actions et leur privatisation. Nous craignons qu’à partir de ce moment-là l’objectif de la santé publique ne soit plus les soins pour les malades mais surtout le business. Les malades ne seront plus que des fantoches entre les mains des caisses d’assurance.»

Le ministre de la Santé, Tomáš Julínek, auteur des réformes critiquées, a déjà été contraint de reculer et de modifier certains de ses projets qui risquaient d’être rejetés par la Chambre des députés. Aujourd’hui il prépare une nouvelle étape de la réforme qui n’a pas encore été rendue publique.

Selon les estimations des syndicalistes, quelque 900 000 personnes ont participé à la grève. Cependant, les protestations de ce mardi n’ont été qu’une grève d’avertissement, une façon de démontrer le mécontentement général. Si le gouvernement ne réagit pas aux revendications des syndicalistes, ils lanceront un mouvement de grève encore plus important qui pourrait vraiment paralyser certaines branches de l’industrie et de la vie publique.