Le Forum 2000 inauguré

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Pour la quatrième fois déjà, les intellectuels du monde entier se rencontrent, à l'invitation du Président Vaclav Havel, au Château de Prague. Magdalena Segertova a été présente, dimanche soir, à la salle Vladislav, à l'ouverture solennelle du Forum 2000 de cette année.

Que faire pour que les changements brusques du monde, appelés la mondialisation, soient humains ? Chercher, tous ensemble, la réponse à cette question, tel est, selon l'un des organisateurs du Forum 2000, le sociologue tchèque Jiri Musil, l'objectif essentiel de cette série de rencontres. Avant l'intervention de l'initiateur même du projet, Vaclav Havel, Jiri Musil a résumé brièvement les pour et les contre de la mondialisation. D'un côté, le monde relié, uni, l'économie mondiale de plus en plus forte, le contact facile entre différentes cultures, le succès des sociétés supranationales. De l'autre côté, une tension sociale dans les pays riches et pauvres, l'incertitude financière et économique, la peur du chaos, de l'avenir, de la perte d'emploi, de la détérioration de l'environnement naturel, des maladies, des nouvelles formes de la criminalité et de la violence, du racisme et de la xénophobie... Comment alors rendre cette réalité plus humaine ? En facilitant l'accès aux informations, à l'éducation. En saisissant la nouvelle réalité à l'aide des moyens artistiques. En redéfinissant des valeurs et des normes morales et spirituelles. Et voilà, les trois thèmes principaux du débat de cette année viennent d'être prononcés : l'éducation, les valeurs spirituelles et la culture dans la civilisation mondialisée. Le Président Havel a mis, dans son discours, l'accent sur l'éducation, ou plutôt sur l'érudition. "J'ai l'impression que le terme érudition ne désigne plus un ensemble de connaissances encyclopédiques que l'on peut obtenir en cliquant quelque part à l'ordinateur. A présent, c'est une faculté de percevoir et de comprendre des relations cachées entre les choses, leur ambiguïté", a dit Vaclav Havel. "Quant à la mondialisation, a-t-il continué, j'ai même peur d'utiliser ce mot, car pour chacun, cela signifie autre chose. Pour moi, c'est un phénomène moralement neutre. Le monde global peut être parfait ou affreux. Tout dépend de l'homme et, justement, de sa faculté d'exploiter le fond des problèmes. Ce lundi, après avoir observé une minute de silence à la mémoire des victimes du conflit au Proche-Orient, la discussion des sociologues, politologues et hommes politiques, s'engageant dans le domaine de l'éducation, a donc commencé. Mardi, les valeurs spirituelles et mercredi, la culture seront au programme.

Auteur: Magdalena Segertová
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