Le gouvernement de Mirek Topolanek cent jours après

Mirek Topolanek, photo: CTK

Ce jeudi, cent jours se sont écoulés depuis le jour où le gouvernement de Mirek Topolanek a obtenu la confiance à la Chambre des députés. Une confiance de justesse compte tenu de l'équilibre existant entre les partis de la coalition gouvernementale - le Parti civique démocrate (l'ODS), dont Mirek Topolanek est le chef, le Parti chrétien-démocrate (KDU-CSL) et le parti des Verts - et ceux de l'opposition - le Parti social-démocrate (le CSSD) et les communistes.

Mirek Topolanek, photo: CTK
Investi il y a trois mois seulement, le cabinet Topolanek a à son compte plusieurs initiatives importantes, dont notamment le projet de réforme des finances publiques, réforme qui va considérablement intervenir dans la vie de l'ensemble de la population. L'introduction de l'impôt unique de 15% sur le revenu, la hausse de la TVA sur certains produits de première nécessité, des réductions de prestations sociales, autant d'innovations radicales proposées. Envisagée est également la réforme du système de retraite, avec le départ à la retraite à l'âge de 65 ans. Si tout le monde est d'accord sur ce que le pays a fortement besoin d'une réforme des finances publiques, sa conception fait en revanche l'objet de critiques, non seulement dans le camp de l'opposition, mais aussi - faiblement quand même - au sein du parti de Mirek Topolanek. Ce qu'on lui reproche le plus souvent, c'est que son poids sera ressenti notamment par la classe moyenne. La discussion au Parlement autour de la réforme proposée, prévue pour cet été, s'annonce dès lors houleuse, Mirek Topolanek se déclarant prêt à donner sa démission, en cas d'échec... L'ouverture des négociations sur l'implantation en Tchéquie d'une partie de la base antimissile américaine, voilà la plus importante décision du nouveau cabinet de coalition dans le domaine de la politique internationale, décision qui, elle aussi, provoque des réactions controversées au sein de la société. Le problème le plus épineux du cabinet s'appelle pourtant Jiri Cunek. Accusé de corruption, le vice-premier ministre concerné est, en outre, critiqué pour ses propos tenus à l'adresse de la communauté rom et considérés comme xénophobes.
Jiri Cunek
Dans une situation où de nombreuses voix demandent le départ de Jiri Cunek du gouvernement - celles des Verts notamment -, Mirek Topolanek déclare : « Je ne ferai aucun pas qui pourrait faire éclater la coalition gouvernementale ».

Epaulé par le Parti chrétien-démocrate, dont il est le chef, Jiri Cunek, quant à lui, continue à proclamer son innocence.

Selon la presse tchèque, le précédent mandat de trois mois du cabinet Topolanek s'est fait remarquer aussi par des remaniements réalisés à des postes dirigeants dans des institutions et entreprises publiques. Le quotidien Mlada fronta Dnes écrit dans son édition de lundi : « Une cinquantaine de personnes a dû partir, d'autres « épurations » vont suivre. » C'est le ministre de l'Industrie et du Commerce, Martin Riman, qui y serait particulièrement engagé : sur sa décision, des têtes sont déjà tombées dans la société CzechInvest.