Le gouvernement ne veut plus financer les tickets restaurant

Le Premier ministre, Mirek Topolanek, a annoncé qu’il présenterait un projet d’abolition des avantages fiscaux sur les tickets restaurant à la Chambre des députés. Les tickets restaurant disparaîtront-ils donc du quotidien de bon nombre de citoyens tchèques ?

L’emploi des tickets restaurant est une pratique assez répandue en Tchéquie. Les plus grosses sociétés qui les vendent, Sodexho Pass, Accord Services, Chèque Déjeuner et Exit Group, réalisent de 13 à 14 milliards de couronnes (482 millions d’euros) de chiffre d’affaires par an. Cette pratique est, jusqu’à maintenant, encouragée par l’Etat. En général, l’entreprise paie dans les 50 % du prix du ticket, le reste est supporté par l’employé. Les entreprises qui offrent des tickets restaurant à leurs employés peuvent décompter jusqu’à 55 % de la valeur nominale du ticket de leurs revenus imposables. La question de l’abolition de cet avantage fiscal, soulevée par le Premier ministre, a suscité la réprobation, et il est apparu qu’une société de conseil aurait reçu 100 000 euros d’une société vendant des tickets restaurant pour persuader le gouvernement de conserver l’avantage fiscal. Cette information, diffusée par la première chaîne de la télévision publique, a été réfutée par le Premier ministre qui compte se plaindre au Conseil de la Télévision tchèque et affirme :

Mirek Topolanek, photo: CTK
« D’ici à la fin du mois de janvier, nous présenterons à la Chambre des députés, avec le collègue Doktor et d’autres, un amendement qui abolira les avantages fiscaux sur les tickets restaurant. Je pense que, lors de la discussion, la lumière sera faite sur une éventuelle corruption, car j’étais l’un des rares et aussi l’un des derniers à lutter contre la suppression des avantages fiscaux des tickets restaurant, présentée dans le cadre de la réforme des finances publiques. »

Quelle sera la réaction des entreprises si cet amendement est adopté par les députés ? Les grosses sociétés, quand elles ne disposent pas de cantines ou restaurants, comptent continuer à offrir des tickets restaurants à leurs employés. L’économiste de la CSOB (Banque commerciale tchécoslovaque) Petr Dufek précise :

« Les entreprises réagiront selon leur importance et leurs résultats financiers. Je pense que les entreprises en bon état, qui ont du succès dans leurs activités et des perspectives, n’auront pas de mal à régler ces dépenses, alors que les sociétés qui souffrent de problèmes à long terme feront supporter ces frais supplémentaires aux employés. »

D’après Petr Dufek, même les PME, confrontées à un faible taux de chômage et à une certaine pénurie de main-d’œuvre, réfléchiront à deux fois avant de supprimer la contribution aux tickets restaurant de leurs employés. Le problème sera plus épineux pour certaines municipalités qui versent une partie des allocations sociales en tickets restaurant.