Fin possible de l’exonération fiscale sur les tickets restaurant

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Le gouvernement a donné son accord, lundi, au projet d’abolition de l’exonération fiscale sur les tickets restaurant. Une décision qui suscite une forte critique dans les entreprises et les syndicats.

Mirek Topolánek, photo: CTK
Toute l’affaire a commencé, rappelons-le, par un reportage de la Télévision tchèque laissant entendre qu’une des plus grosses sociétés de distribution de tickets restaurant en Tchéquie aurait payé pour que soient influencés les députés qui devaient juger d’un projet présenté par un groupe de leurs collègues du Parti civique démocrate gouvernemental. Ce projet comptait et compte toujours sur l’abolition de l’exonération fiscale sur les tickets restaurant relativement très utilisés par les entreprises tchèques qui ne disposent pas de leurs propres restaurants ou cantines. Dans la pratique, le ticket restaurant est payé en partie par l’employé et en partie par l’employeur. Jusqu’à maintenant, ce dernier peut décompter une grande partie de ce qu’il paie pour le ticket de son revenu imposable. Au début, même le Premier ministre, Mirek Topolánek, n’était pas très favorable à ce projet. Il a changé d’avis après le reportage télévisé et affirme aujourd’hui :

« Il est tout à fait clair que si nous voulons diminuer les impôts et simplifier notre système fiscal, cela ne sera possible que par la discussion d’un grand nombre d’exonérations et d’autres avantages fiscaux. Les tickets restaurant, justement, représentent dans ce sens une sorte de symbole. »

D’après le chef du gouvernement, la suppression de l’exonération fiscale sur les tickets restaurant pourrait rapporter dans les 600 millions de couronnes (24 millions d’euros) au Trésor public. Les syndicats, les restaurateurs et les commerçants qui acceptent les tickets restaurant, mais aussi les milieux de l’entreprise, sont contre l’adoption d’un tel projet. Zdeněk Liška, président de l’Union de l’Industrie et des Transports, nous explique ce que l’adoption du projet par le gouvernement signifiera pour les employeurs :

« Surtout en ce qui concerne les petites et moyennes entreprises qui n’avaient pas d’autres possibilités d’assurer la restauration de leurs employés, cela signifiera qu’elles devront payer une partie du ticket restaurant avec leur bénéfice. Je ne pense pas que beaucoup d’entreprises pourront se le permettre. Ainsi donc, une certaine inégalité va se créer entre les grosses sociétés qui possèdent leur cantine et les PME. »

Le projet a, certes, été adopté par le gouvernement, mais il n’est pas certain qu’il passe à la Chambre des députés où il compte nombre d’opposants et pas seulement dans les rangs de l’opposition.