Le ministre des Finances rêve d’un TGV tchèque

Andrej Babiš, photo: Filip Jandourek, ČRo

Cette semaine, le ministre des Finances, le milliardaire et entrepreneur Andrej Babiš (ANO) a prononcé un discours devant les débutés membres de la commission parlementaire pour les Affaires européennes. Le ministre y a souligné sa volonté de faire des économies dans tous les domaines, à commencer par les petites dépenses. Il s’est également exprimé en faveur de la mise en circulation d’un TGV tchèque.

Andrej Babiš, photo: Filip Jandourek, ČRo
Le moteur de recherche Google propose en 0,33 seconde quelques 453 000 résultats pour les mots « Babiš, faire des économies ». Il s’agit d’un résultat plus que respectable si l’on tient compte du fait que la même recherche avec son prédécesseur Miroslav Kalousek (TOP 09), pourtant en fonction entre 2007 et 2009 et ensuite entre 2010 et 2013, ne génère que 328 000 résultats. Cette démonstration, anecdotique par sa nature, révèle néanmoins l’attachement d’Andrej Babiš à réaliser des économies.

Andrej Babiš, chef de la formation de l’Action des citoyens mécontents (ANO 2011), s’est porté candidat aux élections législatives de 2013 en opposition à la politique de la précédente coalition gouvernementale de droite de Petr Nečas. Il faudra toutefois attendre la forme finale du budget de lEtat 2015 pour comparer les politiques économiques de Miroslav Kalousek et d’Andrej Babiš. Néanmoins, si le premier justifiait les coupures budgétaires par la crise économique, la rhétorique d’Andrej Babiš est différente. Il invoque son expérience du management d’une grande entreprise et propose de faire des économies dans les frais de gestion, comme en témoigne son discours prononcé cette semaine devant les députés membres de la commission parlementaire des Affaires européennes.

Pendant cette réunion, Andrej Babiš s’est rendu à la Chambre des députés pour présenter le Plan gouvernemental de convergence avec l’UE. A cette occasion, il a déclaré avoir l’impression que la République tchèque était un pays nouvellement créé. Il a appuyé ce propos par le fait que,selon lui, le réseau des autoroutes n’existe même pas sur le papier, tout comme les projets de la mise en circulation de trains de grande vitesse. Le ministre a cité de mémoire les durées des trajets en train entre Prague et Brno, et entre Prague et Ostrava, afin de d’illustrer la lenteur des trains tchèques, lesquels vont moins vite que les voitures. « Ce qui n’est pas le cas d’un TGV en France », a-t-il ajouté.

Néanmoins, des plans relatifs à la mise en place de trains de grande vitesse en République tchèque existent, sauf que la société nationale des chemins de fer tchèques, České dráhy, se concentre sur la rénovation des voies ferrées existantes sans construire les rails nécessaires à la circulation des TGV. Une telle construction n’est pas possible sans un investissement public adéquat ce qui impliquerait une redéfinition de la stratégie nationale du développement des transports.

Si Andrej Babiš peut sincèrement souhaiter la circulation des TGV en République tchèque, il a néanmoins utilisé ce sujet comme un autre exemple de « ce qui ne marche pas dans le pays », fidèle à sa rhétorique pré-électorale basée sur ces constats de mauvais fonctionnement. La suite de son discours devant la commission des Affaires européennes a d’ailleurs été révélatrice de cette optique. Andrej Babiš a souligné qu’il éteignait régulièrement les lumières au ministère où on gaspillait beaucoup d’électricité.

Il s’est également attaqué au problème des prix exorbitants des achats des ministères, de nouveau à sa manière. Le ministre l’a fait en comparant les prix d’achat du papier par sa société Agrofert avec ceux du ministère et a assuré que prochainement, les frais de papier seront les mêmes, réduits au profit de la caisse publique.