Le monde d'après Yann Arthus-Bertrand, vu du ciel

Yann Arthus-Bertrand, photo: CTK

A partir du 7 août et jusqu'à fin octobre, Yann Arthus-Bertrand, photographe français à la renommée internationale, expose sa collection de photos aériennes, intitulée « La Terre vue du Ciel », à Prague, sur l'île de Kampa. Ses 120 photographies grand format ont déjà été montrées, avec un succès fou, dans plus de 100 pays. Installées en plein air, elles sont accessibles gratuitement 24 heures sur 24. Chapeautée par l'UNESCO, le ministère tchèque de l'Environnement et la Ville de Prague, l'exposition n'aurait tout de même pas vu le jour sans l'initiative personnelle de l'épouse du réalisateur Jiri Menzel, Olga. Rencontre avec Yann Arthus-Bertrand...

Yann Arthus-Bertrand, photo: CTK
« Qu'est-ce que tu veux, c'est la nature ! » En effet, en évoquant la pluie et la grisaille de cette journée de lundi, je ne pouvais pas m'attendre à une autre réaction de la part de Yann Arthus-Bertrand, cet amoureux de la nature et écologiste par conviction. Nous sommes sur l'île de Kampa, cachés sous une tente où l'on projettera, tout au long de l'exposition, un film sur le photographe et sa méthode. Dehors, il pleut des cordes, et pourtant, le parc de Kampa fourmille de gens. Tchèques ou étrangers, venus exprès au vernissage ou se baladant, tout simplement, dans ce quartier touristique de Mala Strana, ils semblent tous attirés vers les photos comme par une force magique.

Jiri Menzel et Yann Arthus-Bertrand, photo: CTK
Yann Arthus-Bertrand les embarque pour un tour du monde assez particulier : qu'ils se trouvent, en sa compagnie, au Kenya, au Maroc, au Pérou, en Espagne, en Polynésie ou en France, pour observer la flore et la faune locales, villes et villages, merveilles de la nature ou l'homme, c'est toujours dans un contexte écologique, politique et économique, mais surtout humaniste : chasse à la baleine, pollution des eaux, récifs coralliens détériorés par l'impact des activités humaines, inondations, sécheresses, tremblements de terre... on trouve tout cela sur ces images aériennes, belles à couper le souffle et frissonnantes en même temps... C'est au Kenya, où il étudiait, avec son épouse, le comportement des lions, que Yann Arthus-Bertrand a commencé à photographier. On l'écoute :

« Quand j'ai commencé cette étude sur les lions au Kenya, avec ma femme, dans les années 1968-1980, je me suis aperçu que la photographie donnait de l'information qu'on ne pouvait pas donner à l'écriture. Comme je suis mauvais à l'écriture, ça m'a arrangé. J'ai appris qu'il faut toujours rester simple dans la photographie, essayer de faire avec ce qu'on a. On ne fait pas des belles photos tous les jours. Il faut attendre. On ne peut pas demander à un lion de se mettre dans un endroit où c'est beau. La photographie aérienne, c'est ça, il faut attendre le bon moment. Pour gagner ma vie, pour pouvoir payer mes études, j'étais pilote de montgolfière. A ce moment-là, j'ai découvert la photographie aérienne. Je survolais, en ballon, les territoires où je travaillais tous les jours en voiture. Cela m'a donné une appréhension du territoire différente, vu d'en haut. J'ai adoré voler, alors je me suis spécialisé dedans. Puis, dans les années 1992, il y a eu la grande conférence de Rio où tous les chefs d'Etat se sont réunis pour parler d'environnement. C'est la première fois que j'ai entendu parler de troue d'ozone, de réchauffement planétaire, de développement durable, de commerce équitable... Je me suis dit que pour l'an 2000, j'allais faire un grand travail sur la Terre. »

Pourquoi n'avez-vous pas encore photographié Prague ?

« J'avais prévu de voler aujourd'hui, mais comme il fait mauvais, je n'ai même pas sorti mon appareil photo... »

Je recevrai Yann Arthus-Bertrand dans la prochaine édition de Culture sans frontières, le dimanche 13 août.