Le nouveau Président tchèque élu au suffrage universel ?

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Dans moins de deux ans, la République tchèque aura un nouveau Président. Qui désignera le successeur de Vaclav Havel, quelques centaines de députés du Parlement, comme jusqu'à présent, ou les dix millions d'habitants du pays ? Une question qui est déjà à l'ordre du jour. Par Magdalena Segertova.

Début de l'an 2003... date éloignée pour les Tchèques moyens, proche pour les hommes politiques. D'autant plus que certains se sont fixés un objectif ambitieux : modifier le système électoral. Plus précisément, introduire, en République tchèque, l'élection du Président au suffrage universel. L'idée vient du camp des chrétiens-démocrates, prêts à présenter leur proposition au Parlement. Pour réussir, il leur faudra imposer la modification de la Constitution. Selon le chef de la démocratie chrétienne, Cyril Svoboda, son parti ne souhaite que changer la forme du vote, sans toucher aux pouvoirs du Président, sujet assez controversé. Et pourquoi, en fait, donner à tous les Tchèques le droit d'élection du chef de l'Etat ? Cyril Svoboda explique : "Les citoyens vont s'identifier avec le personnage du Président. Il pourront dire : C'est vraiment notre chef de l'Etat, nous-mêmes, nous l'avons désigné, son élection n'est pas le résultat d'un accord entre les partis politiques. Il sera impossible que deux camps opposés disent : nous, nous aurons le chef du cabinet et vous le chef de l'Etat. Il ne sera pas possible non plus, qu'en fin de compte, on choisisse un homme âgé, présentable, parlant plusieurs langues, qui ne dérangera personne".

Les chrétiens-démocrates, arriveront-ils à trouver, sur la scène politique, des alliés ? Parmi ceux qui soutiennent à cent pour cent leur projet, on ne trouve que deux petites formations parlementaires : le Parti communiste et l'Union de la liberté. Quant aux géants politiques tchèques, le Parti civique démocrate est absolument contre, et la Social-démocratie hésite. Et les arguments des partisans du système actuel ? Voici quelques-uns... Pour que le changement du système électoral ait un sens, il faudrait aussi renforcer les pouvoirs du Président, donc modifier considérablement la Constitution. De toute façon, l'élection ne sera jamais apolitique, car chaque parti va sûrement conseiller aux électeurs pour qui voter. Finalement, les candidats riches et influents, connaissant bien le milieu médiatique, seront favorisés, pendant la campagne électorale.

A en croire les sondages, les Tchèques voudraient bien désigner, eux-mêmes, les prochains locataires du Château de Prague. C'est une très bonne idée, les gens s'intéresseraient plus à la politique, ils deviendraient plus actifs, disent certains politologues. Au Parlement, maintenant, de prendre la décision. Et les candidats mêmes à la présidence ? Un autre sujet intéressant, qui fera encore couler beaucoup d'encre, et sur lequel on va certainement revenir...

Auteur: Magdalena Segertová
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