Le Parlement autrichien contre la centrale nucléaire de Temelin

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Ce ne sont plus activistes autrichiens qui demandent l'arrêt de la centrale nucléaire de Temelin, mais les députés du Parlement autrichien. Quelles sont les raisons invoquées et les réactions tchèques ? Un sujet présenté par Alain Slivinsky.

De la frontière tchéco-autrichienne, le refus de la centrale nucléaire de Temelin, en Bohême du sud, s'est déplacé au parlement de Vienne. En effet, dans la nuit de mercredi à jeudi, les députés autrichiens ont adopté à l'unanimité une résolution appelant le gouvernement à empêcher la mise en service définitive de Temelin, aussi bien au niveau national qu'européen. Du texte de cette résolution, il découlerait que le gouvernement autrichien devrait offrir son aide à la République tchèque, dans la recherche de moyens permettant à ce pays de se passer de l'électricité de Temelin. Les députés demandent, de nouveau, des contrôles de l'influence de la centrale nucléaire sur l'environnement. Seulement après l'étude des résultats de ces contrôles, l'Autriche serait prête à donner son accord à la fermeture du chapitre énergétique lors des négociations sur l'entrée de la Tchéquie à l'Union européenne. Certains députés ont présenté l'argument selon lequel, la production d'électricité de Temelin ne serait plus rentable, après l'entrée de la Tchéquie à l'Union. Le marché de l'électricité sera libre, d'après ces députés, et la Tchéquie peut faire d'importantes économies d'énergie. Temelin serait donc inutile. Le parlement viennois appelle le chancelier autrichien, Wolfgang Schüssel, a présenter cet argument, lors de sa rencontre du 31 octobre avec le Premier ministre tchèque, Milos Zeman. Ce dernier s'est déclaré des plus surpris par la résolution des députés autrichiens, prise tout juste après l'annonce de l'accord de la partie tchèque sur une rencontre des chefs des gouvernements des deux pays, à Brno, en Moravie du sud, la semaine prochaine. Le plus surpris a certainement été le président de la Chambre des députés tchèques, Vaclav Klaus, qui se trouvait en visite officielle à Vienne, lundi dernier. Il a déclaré : « Je suis vraiment offensé et perturbé par ce qu'a fait le parlement autrichien ». En effet, lors de ses entretiens de lundi avec les dirigeants autrichiens, aucun signe n'est apparu sur l'éventualité d'une telle résolution. Le ministère tchèque des Affaires étrangères est persuadé que le problème sera réglé lors de la rencontre Zeman-Schüssel, le 31 octobre. D'après lui, une solution intergouvernementale fera perdre de son importance à une déclaration parlementaire.