L’élargissement de l’espace Schengen entrouvre les parcs naturels

Böhmerwald

La Tchéquie entre dans l’espace Schengen, les frontières tombent, mais cela ne veut pas dire que le citoyen « européen » pourra passer d’un pays à l’autre où bon lui semblera, surtout dans les parcs naturels. La Sumava est une des régions de Tchéquie où tout n’est pas comme dans le meilleur des mondes.

Avec l’entrée de la République tchèque dans l’espace Schengen, beaucoup de communes de la région de la Sumava pensaient que les possibilités de traverser l’ancienne frontière avec l’Allemagne voisine seraient illimitées. Ainsi donc, il n’y aurait vraiment plus de barrières freinant le développement de l’entreprise, surtout du tourisme. Il n’en est pas ainsi et ne le sera pas, car une bonne partie de la Sumava fait partie du parc naturel du même nom.

L’administration de ce parc a décidé qu’il n’y aurait que deux points de passage de plus qu’actuellement, alors que les maires des communes concernées en revendiquent une vingtaine. Le parc naturel argumente avec la protection de la nature, ce que les municipalités considèrent comme une obstruction inutile. Le président de l’Union des communes du Parc naturel de la Sumava, Frantisek Nykles, ne mâche pas ses mots :

« Un rideau de fer a été remplacé par un rideau vert. Normalement, il ne devrait pas y avoir de localités qui seraient fermées sur une distance de plus de dix kilomètres le long de la frontière. »

Le directeur du Parc naturel de la Sumava, Jiri Krejci, voit les choses d’une autre manière en ce qui concerne l’ouverture éventuelle d’un grand nombre de points de passage dans le parc. On l’écoute :

« Je trahirais mes convictions originelles ou plutôt ma conscience de protecteur de la nature si je ne respectais pas les anciennes conventions. »

La question se pose donc : protéger la nature ou ouvrir le parc au public ? Les deux camps sont persuadés que les deux sont possibles, mais chacun le conçoit à sa façon. La troisième partie concernée, le Parc national de la Forêt de Bavière, appelle à une prise de position sensée de la part de tous les intéressés. Ces derniers ne sont unanimes que sur un seul point : le nombre des points de passages entre les deux pays devrait être fixé d’ici au début du printemps prochain.