Les Décrets du Président Benes ne sont pas un problème pour l'Europe

Günter Verheugen et Vaclav Klaus, photo: CTK

Günter Verheugen, Commissaire à l'élargissement de l'Union européenne, a été clair, lors de sa visite à Prague : les Décrets du Président Benes doivent être relégués au passé.

Günter Verheugen et Vaclav Klaus, photo: CTK
Si Prague ne crée pas de problème, l'Union européenne et son Parlement n'en causeront pas non plus. C'est de cette manière que, selon les députés du Parlement européen, doit être liquidé le plus important danger politique pouvant menacer l'entrée de la République Tchèque à l'Union européenne - les Décrets du Président Benes. C'est ce qui découle de la déclaration commune signée, jeudi, à l'issue de la rencontre, à Prague, entre le Commissaire à l'élargissement de l'Union européenne, Günter Verheugen, et le Premier ministre tchèque, Milos Zeman. Le Commissaire a déclaré : « Les décrets présidentiels d'après-guerre, sur le retrait de la nationalité tchécoslovaque et la confiscation des biens des Allemands des Sudètes, n'ont plus aucune valeur juridique, de nos jours ». Comme on pouvait s'y attendre, le Parti libéral autrichien et la CSU/CDU allemande ont immédiatement protesté contre la déclaration. En effet, ce sont des députés européens de ces formations politiques qui ont soulevé, de nouveau, la question des fameux décrets, au point que le Parlement européen se préparait même à condamner rigoureusement l'existence de ces documents. Les passages les concernant ne feront pas partie du rapport annuel de la plus haute instance législative européenne, et ses députés en discuteront, au mois de juillet, après les élections législatives de juin, en Tchéquie. Si la balle est, maintenant dans le camp tchèque, Jan Kavan, ministre des Affaires étrangères met, quand même, les choses au point :

« Il faut bien prendre en considération, que la République tchèque n'a pas demandé, officiellement, de garantie à l'Union européenne, en ce qui concerne la question des Décrets du Président Benes et le processus d'adhésion. Cette initiative n'est venue que de la part du Parti civique démocrate, dans l'opposition ». Le ministre s'est exprimé, ainsi, lors d'une conférence de presse commune, avec le Commissaire à l'élargissement de l'Union, Günter Verheugen, en ajoutant que le gouvernement social-démocrate avait pris acte de sa position, la considérant comme une garantie suffisante. Une garantie de l'inviolabilité des conséquences de la Seconde Guerre mondiale et que les Décrets du Président Benes sont bien éteints et ne pourront influencer le processus d'adhésion de la République tchèque à l'Union européenne.

Le thème des décrets du Président Benes et tout ce qui y est lié, apparaît souvent dans le discours électoral de politiciens tchèques qui aiment parler dans ce contexte de la défense des intérêts nationaux. En réaction à ce discours, nombreuses sont les personnes qui craignent - nous l'avons déjà dit dans nos précédents programmes - la montée de sentiments et de ressentiments nationalistes. Au micro, encore une fois, Milos Rejchrt, pasteur protestant, l'un des signataires de la pétition Stop au nationalisme.

Résumé: Les Tchèques ne sont pas encore très habitués à discuter des questions, tabouisées sous le communisme. Ainsi on ne parlait pas du transfert des Allemands des Sudètes. C'est seulement après la chute du communisme que l'on a accès à l'information. Une question s'impose : Est-ce que les Tchèques étaient uniquement les victimes ?... Il s'agit là d'un débat qui avait été mené dans les pays libres, déjà, après la guerre.