Les fastes de la musique baroque

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Ce sont quelques-uns des plus beaux endroits de Prague qui ont été, du 20 au 30 juillet, le théâtre du festival d'été de la musique ancienne. Vaclav Richter.

Les organisateurs, le Collège Marianum et la municipalité de Prague, se sont proposés d'évoquer la vie musicale en Bohême aux 17ème et 18ème siècles. Les concerts ont eu lieu non seulement au siège du Collège Marianum - la Bibliothèque mariale située non loin de l'Hôtel de ville de la Vieille Ville, mai aussi dans le jardin Vrtba, un des plus beaux jardins baroques de Prague qui a été récemment reconstruit et qui est orné de statues de Mathias Bernard Braun.

Le festival s'est terminé dans la grande salle du château de Troja, un des plus beaux exemples de l'architecture baroque de Bohême. La musique française n'était pas absente à ce festival. Le concert donné dans le jardin Vrtba a été intitulé "Les plaisirs baroques dans le jardin". Le public a non seulement entendu la musique des maîtres français, dont Lully, Charpentier et Montéclaire, mais a pu voir aussi les danses d'époque exécutées par un quatuor de danseurs. Les concerts du festival ont été interprétés par plusieurs formations spécialisées dans la musique baroque dont le Collège Marianum, Musica Florea et l'ensemble vocal Cappella Regia. Ce dernier ensemble a présenté un programme composé exclusivement d'oeuvres d'auteurs de la fin du 16ème et du début du 17ème siècle dont la majorité avaient été liés avec le cour pragoise de l'empereur Rodolphe II. On a pu assister aussi à un récital de luth baroque donné par la luthiste argentine Evangelina Mascardi.

Un des moments les plus beaux du festival a été réservé à la fin. Dimanche, 30 juillet, le Collège Marianum placé sous la direction de Vaclav Luks a présenté au château de Troja l'opéra de Giovanni Bononcini intitulé La Nemica d'Amore fatta Amante. Cette histoire de la bergère Clori qui se déclare d'abord hostile à l'amour pour tomber finalement amoureuse du berger Tirsi, est rendue irrésistible par la musique tendre et sensuelle de Bononcini. Le trio de chanteurs, Hana Jonasova, soprano, Markus Forster, haute-contre, et Roman Janal, baryton, a su bien exploiter les richesses mélodiques de cette partition dont les mélodies continuent d'envoûter le public trois siècles après sa création.

La grande salle du château de Troja ornée de fresques monumentales glorifiant les exploits des Habsbourg, offrait un cadre excellent à cette production agrémentée, elle aussi, par quelques danses baroques. Pendant le spectacle les fenêtres donnant sur le grand parc du château étaient ouvertes et laissaient entrer les parfums et la fraîcheur du soir d'été. A la fin, le public enthousiaste a obligé les artistes par les applaudissements interminables à bisser le final de l'opéra. On peut dire donc que la réussite de ce festival résidait dans le fait que ses organisateurs ont su rehausser les charmes de la musique par les charmes de Prague.