Les Jeux olympiques 2016 à Prague : surtout une question de prestige

Milan Jirasek et Pavel Bem, photo: CTK

Après une discussion des plus orageuses, les conseillers municipaux pragois ont décidé : Prague présentera sa candidature pour l'organisation des Jeux olympiques de 2016, éventuellement de 2020.

Milan Jirasek et Pavel Bem, photo: CTK
Les conseillers municipaux pragois représentent différentes formations politiques et sont au nombre de 70. La discussion a été rude et le maire de Prague, Pavel Bem, n'a pas eu la chose facile pour persuader le conseil qu'il dirige de donner le feu vert à la candidature de la capitale tchèque à l'organisation des Jeux olympiques, la plus prestigieuse manifestation sportive mondiale. En fin de compte, 50 conseillers ont voté pour, surtout les représentants des deux grandes formations politiques, le Parti civique démocrate au pouvoir et la social-démocratie dans l'opposition. La discussion n'a pas tellement porté sur les éventuels Jeux olympiques de Prague en tant que tels, mais sur les questions économiques, les frais énormes à engager, le déficit éventuel. Le plus grand adversaire du maire, Jiri Witzany, qui représente le parti SNK Démocrates européens a même affirmé que l'Olympiade de Prague serait une supercherie pour les électeurs et un grand hasard. Les Verts ont aussi argumenté avec l'endettement de Prague et les conséquences négatives pour l'environnement. Réponse de Pavel Bem qui table surtout sur la hausse du prestige de la capitale tchèque, sans oublier pour autant les questions économiques :

« Prague ne s'endettera pas, cela n'est pas possible. Elle ne réalisera pas des projets mégalomanes. Elle construira de petits et moyens terrains de sport, des terrains municipaux, mais en plus de cela, elle investira dans l'infrastructure urbaine avec des objectifs précis. »

L'analyse de la maison Pricewaterhouse Coopers avance un montant des frais de 135 milliards de couronnes (27 couronnes l'euro) et des recettes de l'ordre de 140 milliards. D'après le président du Comité olympique tchèque, Milan Jirasek, les frais pourraient même être inférieurs. En effet, Prague ne serait le théâtre que des cérémonies d'ouverture et de clôture des jeux, des finales des grands sports, mais une bonne partie des compétitions se dérouleraient dans d'autres villes tchèques et moraves. La République tchèque est un petit pays, ce qui favorise les transports, mais à condition que l'infrastructure routière et ferroviaire soit entièrement modernisée. Une réalité indispensable même sans les Jeux olympiques. Même logique en ce qui concerne la construction d'un centre national du sport, car les stades de football de Prague sont trop petits pour les grandes rencontres internationales. Le premier pas à été franchi : Prague est candidate. Tout dépend maintenant de la manière dont elle présentera sa candidature et, naturellement, de la décision du Comité International Olympique... en octobre 2009. Se placer parmi les cinq premiers candidats choisis par le CIO l'année prochaine serait un succès.