Les Tchèques aux urnes ces vendredi et samedi : qui succédera à Petr Fiala ?
Un peu plus de huit millions de Tchèques sont appelés aux urnes, ces vendredi et samedi, à l’occasion de la tenue des élections législatives. Le renouvellement des 200 membres de la Chambre des députés doit permettre la formation d’un nouveau gouvernement qui succédera à la coalition proeuropéenne et de centre-droit dirigée par le conservateur Petr Fiala.
C’est une particularité du système électoral tchèque. Quels qu’ils soient, et ce depuis déjà 1971, les scrutins se tiennent les vendredi et samedi. Alors que la Slovaquie, après la partition de l’ancien État commun, est passée à un système à un jour unique dès 2006, la Tchéquie reste, elle, le dernier pays de l’Union européenne où l’on vote encore pendant deux jours, et ce, même si les législatives de cette fin de semaine constituent probablement une dernière. En effet, en 2023, le gouvernement a adopté un amendement constitutionnel qui prévoit que les élections ne se tiendront plus que le vendredi à compter de 2026.
En attendant de voir ce qu’il en sera plus concrètement l’année prochaine, les bureaux de vote ouvrent donc encore leurs portes ce vendredi à 14 heures, et celles-ci se refermeront vingt-quatre heures plus tard. Il sera alors temps de procéder au dépouillement des bulletins de vote, un processus qui ne dure généralement que quelques heures. Les résultats plus ou moins définitifs sont ainsi attendus pour la fin de ce samedi après-midi.
On aura alors la confirmation, ou non, que le mouvement populiste ANO est bien le vainqueur de ce scrutin que nombre d’observateurs de la scène politique tchèque présentent comme un possible tournant pour l’orientation du pays, notamment en matière de politique étrangère après une campagne électorale dont la poursuite du soutien à l’Ukraine, tant militaire qu’humanitaire, a été un des principaux thèmes.
Ukraine et inflation
Si tel est le cas, comme le laissent à penser tous les sondages depuis le début de l’année, son leader Andrej Babiš, qui a déjà occupé les fonctions de Premier ministre entre 2017 et 2021, sera, dimanche, le premier chef de parti qui sera invité au Château de Prague pour s’entretenir avec le président de la République, Petr Pavel, de la suite à envisager. Comme le veut l’usage, c’est au leader du parti vainqueur que le chef de l’État confie la responsabilité de mener les négociations postélectorales avec les autres partis pour parvenir à la formation d’un nouveau gouvernement si possible majoritaire à la Chambre des députés, ou en tous les cas susceptible d’obtenir la confiance de celle-ci.
Ce nouveau gouvernement succédera alors à la coalition proeuropéenne et de centre-droit qui, depuis les précédentes élections en 2021, est dirigée par le conservateur Petr Fiala. D’abord formée de cinq partis, ce cabinet dont la stabilité aura été un des principaux traits de caractère, n’a ensuite plus été composé que de quatre formations, après le départ des Pirates à l’automne 2024.
Une coalition dont les quatre années au pouvoir auront aussi été marquées par un soutien infaillible à l’Ukraine, et ce, dès le début de l’agression russe à grande échelle en février 2022. Ou encore par les importantes répercussions économiques de la pandémie de Covid-19, la Tchéquie ayant été l’un des pays en Europe où l’inflation et la perte du pouvoir d’achat auront été les plus importantes.
À moins d’un très improbable retournement de situation de dernière minute, la coalition Spolu (« Ensemble » en tchèque), un front « anti-Babiš » qui réunit trois des quatre partis du cabinet sortant (les conservateurs de l’ODS et de TOP 09 et les chrétiens-démocrates) et dont le Premier ministre sortant Petr Fiala est le leader, est donc appelée à « débarasser le plancher » et à rejoindre les rangs de l’opposition. Aucun de ces trois partis, pas plus que le parti libéral des Maires et Indépendants (STAN) ou les Pirates, n’envisage en effet - ne serait-ce qu'actuellement - de coopérer avec le mouvement attrape-tout ANO après les élections.
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En Tchéquie, la grande question, dès ce samedi, sera donc de savoir qui Andrej Babiš, dont beaucoup pensaient que les Tchèques avaient tourné la page pour de bon il y a quatre ans - et à condition qu'il finisse bien en tête -, sollicitera pour former une coalition et, ainsi, retrouver le pouvoir après ce scrutin où les résultats des formations extrémistes, tant à droite qu’à gauche avec un possible retour des communistes au Parlement, seront, eux aussi, suivis avec une très grande attention.







