Élections législatives : c’est parti pour un peu plus de quatre mois de campagne en Tchéquie

Petr Pavel

On le sait désormais : les élections législatives en Tchéquie se tiendront les vendredi 3 et samedi 4 octobre prochains. Après l’annonce de leur convocation par le président de la République, mardi, la publication officielle de ces dates a aussi marqué le coup d’envoi de la campagne.

Des dates choisies à la fois par souci pratique pour l’organisation des bureaux de vote partout dans le pays, mais aussi avec la volonté que la participation des électeurs tchèques, qui avait été de l’ordre de 65,43 % il y a quatre ans, soit la plus importante possible à cette période de l’année, comme l’a expliqué le président Petr Pavel :

« Pour cette fois, le meilleur moment était le premier week-end d’octobre, car le week-end précédent, fin septembre, correspond aux célébrations de la saint Venceslas (le dimanche 28 septembre) et organiser les élections en même temps aurait été très compliqué pour toutes les communes. Et nous ne voulions pas non plus les rapprocher davantage encore des dates des vacances scolaires. »

Parallèlement à cette annonce du chef de l’État, Spolu (Ensemble), la coalition tripartite de centre-droit à la tête du pays depuis décembre 2021, a lancé sa campagne. Dans le centre de Prague, devant quelques centaines de partisans, le Premier ministre, Petr Fiala, après avoir défendu le bilan économique de son gouvernement, a déclaré que la priorité absolue pour les quatre prochaines années qui suivront les élections sera de faire en sorte « de ne pas laisser les citoyens perdre confiance dans la capacité de l’État à garantir leur sécurité ». Une priorité résumée en d’autres termes par le ministre des Finances, Zbyněk Stanjura, lui aussi membre du parti conservateur ODS :

« Les principaux thèmes de la campagne sont clairement établis : sécurité, capacité de défense, prospérité. Mais il n’y aura pas de prospérité si l’on ne vit pas dans un pays sûr, nous devons avoir cela bien à l’esprit. »

Petr Fiala | Photo: Petr Horník,  Právo/Profimedia

Pour Spolu, le mouvement ANO dirigé par Andrej Babiš, grand favori de ces élections depuis plusieurs mois avec toujours un peu plus de 30 % d’intentions de vote selon les sondages, constituera le principal adversaire. Et si la première force d’opposition au Parlement entend présenter son programme complet au moment de la rentrée, début septembre, son vice-président Karel Havlíček, autre grande figure de la formation populiste, en dessine néanmoins déjà le thème central :

Karel Havlíček et Andrej Babiš | Photo: René Volfík,  iROZHLAS.cz

« Ce sera la situation économique, qui est particulièrement triste, et nous nous efforcerons de montrer comment nous comptons nous y prendre pour sortir la République tchèque de ce marasme, rétablir les prix de l’énergie à un niveau plus juste et équitable, ou encore accélérer la construction de nouveaux logements. »

Avec un peu plus de 10 % d’intentions de vote, le parti d’extrême droite SPD (Liberté et démocratie directe), qui avait déjà réalisé un score très honorable de 9,56 % en 2021, apparaît, à quatre mois et demi de l’échéance électorale, et avec le parti libéral STAN, sensiblement au même niveau dans les enquêtes d’opinion publique, comme l’autre force sur laquelle il faudra probablement compter lorqu’il s’agira, à l’automne prochain, de négocier pour la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale. Personnifié essentiellement par son fondateur, l’homme d’affaires Tomio Okamura, le SPD, qui cette anée a uni ses forces à celles de trois autres petits partis nationalistes, entend dresser, à en croire ce dernier, une liste de priorités sensiblement identique à celle du mouvement ANO :

Tomio Okamura | Photo: René Volfík,  iROZHLAS.cz

« En une phrase : un logement abordable, une énergie moins chère, une alimentation moins chère, saine et de bonne qualité, un système social abordable, des soins de santé abordables, la paix et non la guerre. »

Aussi diverses soient les priorités et quelle que soit l’issue du scrutin, le président Petr Pavel a d’ores et déjà fait savoir qu’il respectera la volonté des électeurs, et qu’il confiera la formation du prochain gouvernement au leader du parti qui sera en mesure de mettre sur pied une coalition qui disposera d’un soutien suffisant de la Chambre des députés.