Les Verts et les chrétiens-démocrates s’attendent à plus de stabilité

Martin Bursík, photo: CTK

Cet été parait plutôt houleux pour le parti des Verts (Zelení) et le Parti chrétien-démocrate (KDU-ČSL), deux partis qui créent, avec le Parti civique démocrate (ODS), la coalition gouvernementale, à la mi-temps de son mandat. Rappelons qu’à l’issue des résultats des législatives 2006, les Verts sont représentés, pour la première fois au Parlement et au gouvernement. Les chrétiens-démocrates, quant à eux, sont en revanche, à l’exception d’un seul intermède aux temps de « l’accord d’opposition » entre l’ODS et les sociaux-démocrates, membres de tous les cabinets qui ont existé dans le pays, après la chute du régime communiste.

Martin Bursík et Dana Kuchtová, photo: CTK
Si les deux partis ont derrière eux un parcours différent, ils ont aujourd’hui un problème en commun : ils affrontent la baisse de leurs intentions de vote au point de craindre de ne pas franchir, aux prochaines élections législatives, la barre des 5% nécessaires pour être présents au Parlement. Les sondages révèlent effectivement que les sympathies de leurs électeurs ont tendance à décliner. En ce qui concerne les Verts, ce sont notamment les conflits intérieurs qui les secouent qui en sont responsables.
Martin Bursík, photo: CTK
Contre l’aile du président du parti, le charismatique Martin Bursík, ministre de l’Environnement, s’oppose celle qui est représentée par Dana Kuchtová, ancien ministre de l’Education, qui vient d’ailleurs d’annoncer sa candidature au poste de chef du parti, pour « pouvoir réaliser une politique verte authentique » laquelle serait « trahie » par l’actuelle direction. Le duel se déroulera au congrès extraordinaire du parti des Verts, en septembre prochain. Martin Bursík veut, pour sa part, que son parti s’exprime désormais d’une seule voix.

Cyril Svoboda
« Je suis convaincu que mon concept politique gagnera. Je souhaite que l’on arrive à stabiliser la situation et à rendre le parti transparent et compréhensible pour les électeurs. Donc je veux que cela ne soit pas un parti à deux têtes, un parti qui exprime ses opinions par deux représentations différentes ».

Des voix appelant à des changements intérieurs se font entendre, aussi, au sein du Parti chrétien-démocrate. Cyril Svoboda, ancien chef de la diplomatie tchèque et aujourd’hui ministre sans portefeuille pour les affaires législatives, a jugé bon d’initier à ce sujet un débat avec ses frères et sœurs, en mettant sur le web un texte, intitulé Discussion sur l’avenir. « Nous ne jouons pas le rôle répondant à notre tradition et à notre message… Sans une autoréflexion radicale et sans le changement de politique viendra le temps, où nous ne serons plus un parti parlementaire », peut-on lire dans le texte de Cyril Svoboda. Le changement de nom du parti, des élections primaires ouvertes aux sans partis, un débat sur les orientations du parti, autant de démarches qu’il propose… Un parti, dont l’image semble désormais perturbée par les soupçons de corruption liés à son actuel président, Jiří Čunek, soupçons qui n’ont pas été entièrement dissipés et qui ne cessent de défrayer la chronique, en dépit des enquêtes judiciaires et des audits favorables.