L'Etat va vendre 7 % de ses actions dans la compagnie nationale d'électricité CEZ

Le gouvernement tchèque a décidé, lundi, de vendre 7 % des actions de la compagnie nationale d'électricité CEZ. Une opération qui devrait rapporter au moins 31 milliards de couronnes (1,1 milliard d'euros) à l'Etat et permettre de financer de nouvelles routes et autoroutes. Il s'agit également de la première privatisation importante du gouvernement dirigé par Mirek Topolanek.

La part de l'Etat dans le capital du groupe énergétique CEZ va donc baisser et passer de 67,6 à 60,6 %, ce qui signifie que l'Etat ne détiendra plus les deux tiers des actions, mais toujours la majorité. La vente sera réalisée avant la fin de l'année sur le marché des capitaux. CEZ a d'ores et déjà fait savoir qu'il s'efforcera d'acquérir seul le lot d'actions à la bourse. Le ministre des Finances, Miroslav Kalousek, à l'origine du projet, a justifié la vente en argumentant que celle-ci était le seul moyen pour l'Etat de remplir ses caisses cette année. Une version confirmée par le Premier ministre Mirek Topolanek :

Mirek Topolanek, photo: CTK
« Je peux dire que les discussions menées ont été très intéressantes et, finalement, il n'y a eu aucune voix contre lors du vote. C'est un point que je considérais comme très important non seulement car cette vente était de facto une des deux seules possibilités de combler le budget de cette année et le Fonds de l'infrastructure des transports, mais cette décision renforce également notre gouvernement de coalition. »

Une coalition tripartite au sein de laquelle les quatre ministres du Parti des Verts ont toutefois choisi de s'abstenir au moment du vote, ceux-ci redoutant que l'Etat ne conserve plus le contrôle du groupe et que CEZ perde de sa valeur pour une éventuelle future privatisation. Finalement, les Verts ont reçu certaines garanties comme l'a expliqué leur leader et ministre de l'Environnement Martin Bursik :

« Vendre un lot de deux tiers des actions d'une entreprise a bien entendu une toute autre valeur que lorsque ce même lot est amputé de 6 à 7 %. C'est la première chose qui nous gênait. Ensuite, nous voulions avoir l'assurance que l'Etat conserve son droit de contrôle sur le groupe. Or, ce sera le cas puisque environ 120 000 petits actionnaires se partagent 33 % des actions restantes. »

La décision de vendre 7 % des actions de CEZ a été vivement critiquée dans le camp de l'opposition, l'ancien ministre social-démocrate des Finances, Bohuslav Sobotka, estimant notamment qu'il aurait été préférable d'augmenter le déficit du budget de l'Etat. Le député communiste Jiri Dolejs a, lui aussi, fait part de son mécontentement :

« La privatisation de CEZ n'est pas une heureuse décision. Tout d'abord parce que la sécurité énergétique de notre pays est une affaire très importante, et ensuite parce que la politique énergétique doit encore être débattue au niveau de l'Union européenne. Dans ces conditions, alors que la valeur de CEZ peut encore grimper, je considère comme absurde la décision de précipiter la vente. »

Rappelons qu'à l'origine, le financement de la réparation et de la construction des routes et autoroutes devait être assuré par la privatisation d'une autre entreprise publique, l'aéroport de Prague ayant été initialement envisagé. Mais la vente ne pouvant se réaliser cette année, le gouvernement a donc finalement préféré opter pour CEZ.