Libertas.cz, nouveau parti eurosceptique, pourrait voir le jour

Václav Klaus, photo: CTK

Libertas, c’est le nom du mouvement dont la campagne a conduit les Irlandais à dire « non » au Traité de Lisbonne. Libertas.cz, c’est l’appellation provisoire choisie par ceux qui voudraient fonder un nouveau parti de droite eurosceptique. Le quotidien Mladá fronta Dnes a insinué que le président de la République, Václav Klaus, serait prêt à le soutenir – une information démentie, ce vendredi, par son secrétaire, Ladislav Jakl.

Václav Klaus, photo: CTK
Serait-il possible que l’euroscepticisme du chef de l’Etat le conduise à quitter les rangs du Parti civique démocrate (ODS) dont il a été le co-fondateur et dont il est, aujourd’hui, le président d’honneur ? Václav Klaus est-il vraiment prêt à abandonner le plus important parti de la droite tchèque qui dirige la coalition gouvernementale ? A la veille du congrès de l’ODS, qui débute le 5 décembre et auquel il a laissé entendre il y a quinze jours qu’il ne se rendrait peut-être pas, Václav Klaus a déclaré sur le site Internet iDnes.cz, nous citons : « Je suis probablement encore pour quelques jours à l’ODS. Nous verrons. » Il a encore affirmé : « Il est absolument nécessaire qu’il existe un parti qui examine d’une manière réaliste les processus qui se déroulent dans l’Europe contemporaine. Je considérerais un tel parti comme indispensable dans notre pays, mais aussi n’importe où en Europe. Je soutiendrais certainement quelque chose de ce genre. » Adversaire farouche du Traité de Lisbonne, Václav Klaus reconnaît pourtant que la Tchéquie n’a pas d’autre alternative que l’Union européenne, mais il insiste sur certains points :

« Les formes et les méthodes employées dans l’intégration européenne présentent des dizaines, des centaines d’alternatives, et interdire à qui que ce soit en Europe de dire son ‘oui’ ou son ‘non’ aux diverses formes et méthodes de réalisation du processus d’intégration serait d’après moi une ignorance totale des principes fondamentaux de l’Union européenne, mais aussi du legs intellectuel du continent européen. »

Mirek Topolánek, photo: CTK
Une de ses alternatives, Václav Klaus la recherche peut-être dans un nouveau parti de droite, car il est un sévère critique du président actuel de l’ODS, le Premier ministre Mirek Topolánek, auquel il reproche l’abandon d’une politique de droite et de conduire le parti qu’il a fondé en enfer. Le président est pour un changement à la tête de l’ODS et soutient ouvertement le maire de Prague, Pavel Bém, qui sera l’adversaire de Mirek Topolánek, lors de l’élection du président du parti à son congrès du week-end prochain.

Le fils aîné du président, Václav Klaus junior, a quitté les rangs de l’ODS mardi. L’orientation du parti sous la direction de Mirek Topolánek ne lui plaît pas et il serait également pour la présidence de Pavel Bém. Peut-être deviendra-t-il, lui aussi, un membre de ce nouveau parti de droite, Libertas.cz, qui devrait étroitement coopérer avec le mouvement Libertas irlandais, fondé par Declan Ganley, que Václav Klaus a d’ailleurs rencontré lors de sa récente visite officielle assez controversée en Irlande. D’après le quotidien Mladá fronta Dnes, le nouveau parti devrait rassembler les membres mécontents de l’ODS, en premier lieu desquels Pavel Bém, après sa défaite éventuelle à l’élection du président du parti. Le quotidien Lidové noviny affirme de son côté que le nouveau parti de la droite eurosceptique pourrait se présenter aux élections au Parlement européen dès l’année prochaine.