Ouverture du congrès de l’ODS sur fond de querelles internes

Mirek Topolánek et Pavel Bém, photo: CTK

On commence par l’information politique du jour. C’est sur fond de tensions internes exacerbées que s’ouvre ce vendredi, en fin d’après-midi, le congrès du parti civique démocrate ODS. Enjeux et explications.

Mirek Topolánek et Pavel Bém, photo: CTK
Une guerre des chefs. Voilà comment on pourrait résumer l’ambiance dans laquelle va se dérouler le congrès du principal parti de la coalition gouvernementale. Si le chef de file sortant, Mirek Topolánek, également Premier ministre, est quasi assuré de sa réélection car la majeure partie des assemblées régionales du parti lui ont déjà accordé leur soutien, il ne manque pas toutefois pas de critiques au sein de sa formation. Le premier et non des moindres étant le président de la République Václav Klaus, président d’honneur du parti dont il a été le fondateur. Ces derniers mois ont vu les tensions entre les deux hommes aller en s’accroissant, des échanges d’amabilités par journaux et déclarations interposés. Les dernières en date et des plus claires, vous le savez, ont été celles formulées par Václav Klaus à propos de ce qu’il estime être le « copinage » de son ancien poulain avec les hommes politiques européens au détriment, selon lui, de son travail en RT.

Pavel Bém
Parce que c’est un des enjeux, évidemment, de ce congrès, un enjeu qui dépasse finalement le simple bac à sable de la politique locale : l’Europe. Celle du Traité de Lisbonne dont Václav Klaus ne veut absolument pas, et contre laquelle il a trouvé un allié contre Mirek Topolánek en la personne de Pavel Bém, le très médiatique maire de Prague qui sera l’adversaire du premier ministre ce week-end. Lui non plus, ne souhaite pas une ratification du Traité par le Parlement, alors même que la cour constitutionnelle vient de donner son feu vert et que la République tchèque qui va prendre la tête de l’UE le 1er janvier est, avec l’Irlande, le dernier pays à la traîne pour son adoption :

« Les députés et sénateurs de Prague se sont engagés à voter contre la ratification du Traité de Lisbonne et à proposer une motion pour que le sujet soit débattu pendant le congrès. »

Mais pour Mirek Topolánek, ce n’est pas l’objectif du congrès :

Mirek Topolánek, photo: CTK
« Je ne pense pas que le congrès doive donner des consignes de vote aux sénateurs et aux députés. Ça n’a aucun sens. »

Pour l’heure, Pavel Bém est essentiellement soutenu par sa ville. Et depuis quelques jours, celui-ci a radicalisé son discours d’opposition en critiquant Topolanek non plus seulement en tant que président du parti, mais aussi pour sa politique gouvernementale. Il a même évoqué l’idée d’un gouvernement de l’ODS minoritaire en coalition avec les sociaux-démocrates. Le chef du ČSSD, Jiří Paroubek y a réagi ce vendredi positivement, avec pour condition néanmoins des élections anticipées dès après la fin de la présidence de l’UE.

C’est donc un parti de l’ODS en petite forme qui se retrouve ce week-end, notamment après les régionales d’octobre dernier qui ont été une claque électorale pour le gouvernement de coalition.

Outre le Traité de Lisbonne et l’élection d’une nouvelle direction, ce sont aussi les grandes orientations du parti pour l’avenir qui doivent être déterminées pendant ce congrès. Des orientations qui, rappelons-le, ne sont plus tout à fait au goût du chef de l’Etat Václav Klaus qui a exprimé récemment des vélléités de créer un parti eurosceptique. Celui-ci, après avoir laissé planer le doute sur sa présence au congrès, a finalement confirmé sa venue et devrait donc intervenir samedi. Tout cela augure donc d’une ambiance houleuse et d’un week-end riche en petites phrases et en bisbilles.