L'interdiction des jeunesses communistes (KSM) fait débat

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Le 16 octobre dernier, le ministère de l'Intérieur annonçait la dissolution de l'association des jeunes communistes, le KSM. Raison invoquée : un passage illégal dans le programme de l'association qui mentionne l'objectif « d'éliminer la propriété individuelle des moyens de production pour la remplacer par la propriété collective ». La décision du ministère a provoqué de vives réactions et un élan de solidarité chez les jeunes communistes du reste de l'Europe, notamment en France. A Prague, cette interdiction continue de faire l'objet de débats.

Dimanche, sur la télévision publique, c'est l'ancien premier ministre et chef du Parti social-démocrate Jiri Paroubek qui a relancé le débat, en déclarant qu'il n'avait « pas tout à fait compris » pourquoi le KSM avait été interdit. La veille, lors d'une conférence internationale contre l'anticommunisme tenue à Prague, les représentants de 42 formations d'une trentaine de pays avaientt condamné la décision du ministère tchèque de l'Intérieur, affirmant dans leur déclaration commune que « l'anticommunisme actuel était une menace pour la démocratie ». Le chef du Parti communiste tchèque a parlé de tendances fascisantes dans le pays, tendances qu'a également dénoncé le secrétaire du KSM, Zdenek Stefek:

« Le ministère de l'Intérieur s'efforce depuis longtemps de criminaliser l'idéologie communiste et tend à criminaliser toute pensée critique sur le système actuel. Etant donné que nous n'enfreignons la loi dans aucun document, mais avons seulement un autre point de vue sur l'avenir de notre pays, de notre planète et de notre société, ça doit être cela qui dérange le ministère. Ce n'est pas logique, c'est un pas vers la fascisation de ce pays. Cela fait partie d'une des multiples tentatives pour atteindre le Parti communiste (KSCM). La question est de savoir comment et combien de temps cela va durer. »

L'association des jeunes communistes a déposé un recours contre la décision du ministère. Si la décision est confimée, Zdenek Stefek indique que le KSM est prêt à porter l'affaire devant les juges, éventuellement devant la Cour européenne des droits de l'Homme, « pour défendre la liberté de parole et d'association ».