Magdalena Dietlova

Magdalena Dietlova
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Belle femme dynamique et fascinante, l'ex-présidente du Club international des Femmes de Prague (Woman's Club of Prague), M. Dietlova est également l'auteur de plusieurs scénarios, de la pièce télévisée Raté des freins (Selhani brzd), d'un conte de fées - Où habite le bonheur (Kde bydli stesti), co-auteur de deux livres d'entretiens avec des personnalités de la vie culturelle Entretiens ordinaires (Obycejne rozhovory). Elle a travaillé comme animatrice au Théâtre de la musique et à la télévision à Ostrava ainsi qu'à Prague. En 1975, elle a épousé le célèbre scénariste Jaroslav Dietl, de quinze ans son aîné, avec lequel elle a passé douze ans jusqu'au décès prématuré de son mari. M. Dietlova est mère de trois enfants - elle en avait quatre, mais son fils aîné Vojtech a trouvé la mort dans un accident de voiture. Elle est grand-mère de deux petites-filles et d'un petit-fils. Actuellement Magdalena Dietlova est rédactrice en chef du magasine Xantypa.

Magdalena Dietlova est née le 17 octobre 1944 à Brno, en Moravie, dans une famille de riches fermiers. Revenons à sa plus tendre enfance. Magdalena a trois ans...

Et je vais vous raconter des contes de fées. C'est ainsi que commençait le premier disque que j'ai enregistré avec ma maman, lorsque toute petite j'embêtais tout le monde avec mon livre, voulant lire des contes de fées sur la chèvre et les chevreaux, la betterave enchantée et bien d'autres histoires. Cela pourrait être le début de mon récit sur la ferme où je suis née. Je n'y suis pas restée très longtemps car la ferme a été expropriée lorsque j'avais neuf ans. Nous avons été autorisés à y habiter mais sans pouvoir l'exploiter.Moi, je suis née en plein essor de notre exploitation. Mon père cultivait 80 hectares dont il était propriétaire. Nous avions des vaches, des chevaux, des chèvres, un grand jardin. Ma maman, qui a aujourd'hui quatre-vingt-dix-huit ans, vendait au magasin qu'elle avait ouvert dans la cour du beurre, des fraises, du lait, de la crème fraîche. Nous employions des femmes slovaques qui distribuaient dans la ville de Brno les produits laitiers et les fruits du jardin.

Le père de Magdalena a été contraint de travailler comme simple ouvrier dans des usines de construction mécanique, ce qui le rendait très malheureux. Plus tard, il fut autorisé à suivre une formation de grutier, ce qui lui plut un peu plus. La maman s'adaptait plus facilement. Elle a trouvé du travail comme vendeuse au supermarché et un appartement où elle logeait toute la famille, y compris les grands-parents. Magdalena a fait l'école primaire à Brno, mais elle a eu beaucoup de difficultés pour entrer au lycée. Son père était un fermier, donc considéré comme un exploitant capitaliste. Finalement, la maman décide de faire le tour des lycées et en trouve un à Veseli nad Moravou, toujours en Moravie, où le directeur consent à accepter la jeune fille dans son école. Deux ans après, un courageux directeur d'un lycée de Brno accepte l'étudiante de Veseli. Le problème de ses origines bourgeoises se pose à nouveau lorsque Magdalena veut entrer à l'université. Elle accepte un poste à l'Institut d'aménagement des forêts. Un an après elle obtient des références et entre finalement à l'université. Mais c'est alors qu'elle tombe amoureuse, abandonne ses études pour se marier et avoir deux enfants Vojtech et Lucie.

Magdalena et Jaroslav avec leurs enfants, 1978
Magdalena suit son mari à Ostrava. Le jeune couple a besoin d'argent, alors elle accepte le premier poste qu'elle trouve : vendre des billets pour les spectacles du Théâtre de Petr Bezruc dans la région. Puis on lui propose un engagement au Théâtre de la musique et comme elle réussit très bien, s'ensuit une autre proposition : annoncer le bulletin d'informations. Là encore, tout se passe bien et Magdalena ne reste pas uniquement au bulletin, mais devient animatrice et fait des doublages de films. C'est alors que le célèbre scénariste Jaroslav Dietl vient pour faire une émission divertissante dans laquelle Magdalena travaille comme animatrice.

« Nous avons travaillé ensemble un an, nous nous entendions de mieux en mieux, nous avons passé de longues heures à discuter et lorsque le moment de nous quitter est venu, alors que jusque là, et il faut le préciser, il n'y avait entre nous que des relations amicales, nous nous sommes promis de nous revoir. Ce fut la naissance d'un grand amour. Jaroslav m'a dit qu'il allait revenir me trouver et c'est ce qu'il a fait. Mais nous n'arrivions pas à nous imaginer de ne plus se revoir, nous analysions notre situation car Jaroslav était marié et père d'une fille de dix-huit ans. Finalement, nous avons divorcé tous les deux. Jaroslav m'a averti qu'il n'aimait pas les petits enfants, alors je l'ai testé. J'ai fait monter mes deux enfants dans la voiture avec des chaussures pleines de boue et je les ai laissés émietter un croissant. Il a supporté avec patience et plus tard il a été un très bon père. Lorsque je lui ai demandé pourquoi il m'avait averti, il a répondu que lorsque sa fille Helena était petite, il faisait la carrière et ne savait pas quel bonheur représentait l'éducation d'enfants. Il ne l'a compris qu'avec moi à l'âge entre 40 et 50 ans. »

Le mariage avec Jaroslav Dietl fait perdre à Magdalena son travail. A l'époque, le divorce est considéré comme un acte immoral et la jeune femme reste donc au foyer. Elle est très triste car elle aimait beaucoup son travail, mais elle a de quoi faire à la maison. Elle a encore deux enfants de Jaroslav, Anna et Jan, ce qui en fait quatre en tout. Mais un drame survient ! Son ex-mari émigre au Canada et emmène avec lui leur fils de douze ans, Vojtech, sans l'autorisation de Magdalena qui ne reverra pas son enfant pendant sept ans.

Jaroslav Dietl meurt subitement à l'âge de cinquante-six ans et Magdalena reste seule avec ses trois enfants et les dettes de la maison en construction. Elle est au bout du rouleau, mais elle se rend compte qu'il lui faut survivre pour les enfants, au nom de la vie. Elle y parviendra car c'est une femme forte et courageuse. Un ami, Milos Zapletal, lui propose d'animer son émission. Il s'agit du concours de beauté Miss Tchécoslovaquie dont Milos Zapletal est le directeur et fondateur. Magdalena accepte, puis s'ensuivent d'autres propositions intéressantes. En 1995, Magdalena Dietlova fonde Xantypa, un magazine avec des articles intéressants, dont la majorité des lecteurs sont des Tchèques vivant à l'étranger.