Menaces cybernétiques sur les élections tchèques

Photo illustrative: PeteLinforth / Pixabay, CC0

Les menaces cybernétiques à la lumière des élections législatives et de l’élection présidentielle qui se dérouleront dans quelques mois en Tchéquie : tel est le premier sujet abordé dans cette nouvelle revue de presse. Quelques extraits ensuite des réactions publiés dans les médias nationaux suite à la mort du dissident chinois Liu Xiaobo. Nous vous expliquerons aussi pourquoi l’eau potable n’est plus forcément une évidence en République tchèque. Enfin, la hausse du nombre de femmes détenues est le dernier sujet qui sera traité dans cette rubrique.

Photo illustrative: PeteLinforth / Pixabay, CC0
L’éventualité que les prochaines élections tchèques, les législatives d’octobre et l’élection présidentielle de janvier prochain, puissent être influencées de l’extérieur n’est pas seulement hypothétique ; cela constitue une menace réelle. L’idée a été formulée par le ministre de la Défense, Martin Stropnický, pour le site respekt.cz, qui a indiqué :

« Une cyberattaque constitue sans doute une des plus grandes menaces qui nous guettent. Je ne veux pas dire par là que les conflits conventionnels tels que nous les avons connus au cours du siècle écoulé soient entièrement exclus, ce dont par exemple la situation actuelle en Ukraine donne une preuve. Mais à l’heure actuelle, les cyberattaques sont beaucoup plus efficaces et beaucoup plus sûres. Elles sont devenues des moyens courants pour imposer des intérêts politiques et un nouveau type de conflit. »

Martin Stropnický constate qu’il existe désormais dans le pays beaucoup de nouveaux petits partis qui proposent des solutions populistes, qui attisent les craintes et la peur qui prédominent au sein de la société tchèque. Autant de sentiments qui semblent être encouragés par des attaques venues de l’extérieur, dans le but d’amoindrir la crédibilité du système politique tchèque, ainsi que celle de l’Union européenne. En ce qui concerne la préparation du pays face à de telles menaces, le ministre indique :

« Je remarquerais en premier lieu la récente création du Centre contre le terrorisme et les menaces hybrides. Cette institution a pour objectif d’analyser et de dévoiler la désinformation et les mensonges. L’Etat dispose en outre de services de renseignements qui font un suivi de la fréquence des activités de propagande et d’espionnage. Je peux garantir que l’Etat fait le maximum pour que la libre volonté des citoyens puisse s’exprimer aux prochaines élections et que le jeu ne soit pas manipulé. »

Liu Xiaobo et ses inspirations tchèques

Liu Xiaobo, photo: ČTK
A l’image de la presse mondiale, les médias tchèques ont également largement couvert le décès, le jeudi 13 juillet, du dissident chinois Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix, dans un hôpital et sous la surveillance de la police. Une note mise en ligne sur le site aktuálně.cz souligne qu’en dépit des efforts des autorités chinoises de faire effacer son nom de la mémoire du public chinois, sa mort a soulevé une vague d’émotion à l’échelle mondiale et un tollé de réactions sur les réseaux sociaux. Son auteur, le sinologue Martin Hála, écrit à ce propos :

« Le gouvernement chinois peut effacer tout ce que bon lui semble sur internet, la censure ne peut pas empêcher l’expression du destin de Liu. Ce qui est fort désagréable pour Pékin, c’est notamment le parallèle avec le pacifiste allemand Carl von Ossietzky, Prix Nobel de la paix lui aussi, décédé dans un hôpital alors qu’il était détenu par les nazis. »

Avec la perspective de sanctions économiques de la part de Pékin, une partie du public se montre prêt à fermer les yeux devant la rude réalité chinoise. Selon le sinologue Martin Hála, il est bon de rappeler dans ce contexte qu’en formulant la Charte 08, Liu s’était inspiré de la Charte 77, l’œuvre de dissidents tchécoslovaques, avec des idéaux de liberté pour la Tchécoslovaquie. Aussi, la République tchèque n’est pas seulement liée à la Chine par des liens économiques et commerciaux.

L’hebdomadaire Respekt, qui a également mis en relief l’héritage de Liu Xiaobo, évoque ce regard tchèque :

« Peu avant la mort de Liu, plusieurs signataires tchèques de la Charte 77 lui ont exprimé leur soutien. Par la suite, des condoléances à la veuve du dissident chinois ont été exprimées par le Premier ministre Bohuslav Sobotka qui a tenu à souligner que ‘les citoyens tchèques partageaient avec Liu des valeurs précieuses, celles de la démocratie, des droits de l’Homme et de la justice’. Il n’a pas omis non plus de rappeler que celui-ci s’inspirait du legs de l’ancien président tchèque, Václav Havel. Le président Miloš Zeman, quant à lui, a préféré s’exprimer en rapport avec le décès d’une autre personne, une chanteuse russe connue pour avoir interprété l’hymne des pionniers. »

Pour les Tchèques, l’eau potable n’est plus une évidence

Photo illustrative: Barbora Němcová
Les Tchèques deviennent plus sensibles que jamais en ce qui concerne des problématiques environnementales. C’est ce qui découle d’une enquête effectuée par l’agence Ipsos et dont les résultats révèlent notamment que l’eau potable n’est plus perçue par une grande partie de la population comme une évidence comme c’était le cas dans un passé récent. Le quotidien Lidové noviny explique pourquoi :

« La sensibilisation des Tchèques à cet égard est en rapport avec la sécheresse qui touche depuis quelques années leur région. On peut s’attendre à ce que par exemple cet été soit l’un des plus secs dans l’histoire. Les gens réalisent également que le manque d’eau peut devenir un élément déclencheur d’importants mouvements migratoires, par exemple depuis le continent africain. Voilà pourquoi ils considèrent que la question de l’égal accès à ce liquide irremplaçable mérite une attention particulière. »

Il n’est pas étonnant que cela soit en premier lieu les jeunes qui se montrent dans ce domaine les plus éduqués et à la fois les plus responsables. Toutefois, comme le remarque le journal Lidové noviny, c’est pour toute une série de sujets liés au développement durable, et pas seulement celui de l’eau potable, que l’intérêt de l’ensemble de la population tchèque augmente.

Le nombre de femmes dans des établissements pénitentiaires en hausse

Le prison de Světlá nad Sázavou, photo: VS ČR
Les établissements pénitentiaires en République tchèque sont occupés en premier lieu par des prisonniers hommes. Ces derniers temps pourtant, on voit augmenter rapidement le nombre de femmes détenues, un phénomène qui contribue à l’aggravation de la situation dans les prisons tchèques, car celles-ci sont désormais pleines à craquer. Le quotidien Mladá fronta Dnes, qui s’est penché sur ce problème, rapporte :

« A l’heure actuelle, les prisons tchèques abritent, en plus de 21 000 hommes, près de 1 700 femmes. Ces dernières ont souvent été condamnées pour des délits de vol ou d’escroquerie. Comparé aux 900 femmes détenues il y a quatre ans de cela, il s’agit alors d’une hausse de près de 80%. Cette augmentation est le fruit non seulement de la criminalité croissante des femmes, mais elle est aussi en rapport avec l’amnistie annoncée en 2013 par le président sortant Václav Klaus et qui a permis à l’époque à quelque 600 femmes détenues de quitter leur cellule. »

La croissance de la criminalité des femmes serait due à tout un éventail de nouvelles possibilités qui leur sont aujourd’hui offertes, le champ pour d’éventuels délits patrimoniaux s’étant considérablement élargi. Jusqu’à très récemment, l’unique prison destinée exclusivement aux femmes se trouvait dans la ville de Světlá nad Sázavou, dans la région de Vysočina. Faute de capacités, un nouvel établissement pénitentiaire pour femmes a récemment ouvert à Drahonice, dans le sud de la Bohême. Les femmes peuvent également être détenues dans plusieurs prisons mixtes situées à différents endroits du pays.