Municipales 2014 : débuts de la campagne électorale

Photo: Filip Jandourek, ČRo

Les 10 et 11 octobre prochains, les électeurs tchèques sont appelés à choisir leur maire et leurs conseillers municipaux. Ainsi, les partis se mettent en ordre de bataille pour ces élections communales, et certains d’entre eux également pour les élections sénatoriales, qui se dérouleront à la même période. Ces scrutins pourraient être un test pour la coalition gouvernementale au pouvoir depuis le début de l’année, et notamment pour les sociaux-démocrates, qui espèrent conserver leur hégémonie au Sénat.

Photo: Filip Jandourek, ČRo
En 2010, les élections communales n’avaient pas suscité la passion des foules et moins d’un électeur sur deux avait fréquenté son bureau de vote attitré. Pourtant, cette année, 234 000 personnes sollicitent les suffrages de leur concitoyen pour peser dans les affaires de la cité. Ainsi un Tchèque sur 45 est sur une liste électorale. L’âge moyen est de 46 ans et 32% de ces personnes sont des femmes. 165 partis et mouvements se sont officiellement lancés dans la bataille de ce scrutin, soit une cinquantaine de plus qu’il y a quatre ans.

Les plus grosses formations politiques lancent leur campagne ces jours-ci, une campagne que tous veulent « proche du terrain ». Le mouvement ANO, fondé il y a trois ans par l’entrepreneur milliardaire Andrej Babiš, désormais ministre des Finances, veut continuer à surfer sur ses précédents succès aux législatives et aux européennes, et présente pour la première fois des candidats dans les mairies. Pour la social-démocratie, l’enjeu ne serait pas de « faire campagne, mais d’aller au contact des électeurs ». Les partis de droite situés dans l’opposition, les conservateurs de TOP 09 et les libéraux de l’ODS, dont les premiers meetings sont organisés ces jours prochains, entendent toutefois eux aussi « aller à la rencontre des gens », rappelant le caractère local de cette élection.

Elu président de la République pour la première fois au suffrage universel en janvier 2013, Miloš Zeman s’est rappelé au souvenir de ses compatriotes en participant au rassemblement de lancement de la campagne du Parti des droits civiques, qui portait initialement son nom. Ce soutien n’a pas plu au personnel politique, qui dans sa majorité considère qu’un chef de l’Etat se doit de rester au-dessus des querelles partisanes. Vice-président du parti communiste, lequel dispose du plus grand nombre de candidats dans l’ensemble de la République tchèque, Jiří Dolejš a ainsi protesté :

« Nous considérons qu’il est désormais établi que le président ne se comporte pas de façon impartiale. Si quelqu’un affirme le contraire, cette participation est la preuve que Miloš Zeman appuie une force politique en particulier. »

Une tempête dans un verre d’eau pour le chef de l’Etat, dont ce soutien déjà précédemment affiché n’avait pas empêché ce parti d’orientation social-démocrate d’échouer à entrer à la Chambre des députés. Le porte-parole de la présidence Jiří Ovčáček a répondu aux attaques visant son employeur :

« J’aimerais attirer l’attention sur le fait que, de la même manière, Monsieur le président a assisté au congrès du parti social-démocrate. A la lumière de cela, on ne peut pas considérer qu’il ait lancé la campagne de quelque parti que ce soit. »

A voir le 11 octobre prochain si la présence de Miloš Zeman à ce meeting aura ou non influencé de manière décisive le résultat du Parti des droits civiques. A cette date, les résultats du premier tour des sénatoriales seront également connus. Pour cette élection, 244 candidats, dont seulement 37 femmes, se disputent le renouvellement d’un tiers des 80 sièges de sénateurs.