Nicholas Winton à Prague

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Nicholas Winton, ressortissant britannique d'origine juive, a sauvé de la mort certaine dans un des camps de concentration nazis plus de 600 enfants tchèques. Cet homme qui ne tient ni aux honneurs, ni à la gloire est arrivé à Prague pour y rencontrer, entre autres, ses « enfants ». Astrid Hofmanova.

En 1938, Nicholas Winton passe son congé en Suisse mais il l'interrompt pour se rendre en Tchécoslovaquie. Avec ses collègues, ce jeune banquier fait partir de Prague en Grande-Bretagne six trains avec, au total, 669 enfants d'origine juive. Tout cela dans les années 1938-39. Il risque, falsifie les documents, court après l'argent pour les emmener dans un endroit sûr et leur trouver des parents "adoptifs", qui vont s'occuper d'eux tant que la guerre dure. Après la guerre, Winton garde le silence sur ses activités. Ce n'est qu'en 1988, lorsque sa femme trouve par hasard les documents de l'époque, accompagnés des listes d'enfants et des lettres adressées aux familles britanniques qui les accueillaient. Depuis, le nom de Nicholas Winton, homme qui a fêté cette année son 91e anniversaire, est connu dans le monde entier. Son histoire a attiré aussi l'attention du cinéaste slovaque Matej Minac qui a tourné un film sur la mission de Winton. « Tous mes proches » n'est pas seulement une histoire du transfert des enfants juifs du Protectorat en Angleterre mais surtout une réflexion profonde sur la protection de la démocratie contre le primitivisme de tout genre. Le film est aussi la raison pour laquelle Nicholas Winton est arrivé à Prague. Dimanche, il assistera à la première du film documentaire « La force de l'humanité » dont l'auteur est de nouveau le réalisateur slovaque Matej Minac. Accompagné de ses « enfants », avec qui il est toujours en contact, le Britannique populaire a assisté à un séminaire au Centre culturel américain de Prague. «Ce qui me chagrine le plus c'est que je n'ai pas réussi à réaliser le départ du train qui devait quitter Prague le 1er septembre 1939. La guerre a éclaté et le train n'est jamais parti. De deux cents enfants qui devaient partir, personne n'aurait survécu à la guerre », a dit M. Winton. Et comment qualifie-t-il sa mission de guerre ? « Je n'ai fait que le travail qu'il fallait faire », dit-il laconiquement.

Pour ce travail, Nicholas Winton a reçu l?ordre Tomas Garrigue Masaryk en 1998.

Auteur: Astrid Hofmanová
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