Adrien Giros : le son comme expérience physique
Jeune artiste actuellement accueilli par la MeetFactory dans le cadre d’une résidence croisée Praha-Strasbourg, organisée conjointement par l’Institut Français de Prague et le CEAAC (Centre européen d’actions artistiques contemporaines) dans la capitale alsacienne, Adrien Giros a fait du son sa matière première. C’est également le cœur de ses installations et de ses performances, ainsi que de l’œuvre The Guards, le résultat de son travail en République tchèque, qu’il présente ce jeudi soir à la galerie Kostka, adossée à la MeetFactory. Radio Prague est allé à la rencontre de cet apprivoiseur de vibrations dans son atelier pragois.
Son idée naît avec le musée de Mozart, un musée qui a perdu sa collection, qui a perdu la mèche de cheveux qu’il possédait du célèbre compositeur, lié à la capitale tchèque pour y avoir notamment créé l’opéra Don Giovanni. Adrien Giros raconte :
« J’avais envie de bosser là-dessus et j’avais envie de travailler avec un instrument et notamment la contrebasse et donc sur les deux premières notes de Don Giovanni. Ce sont les deux notes sur les plus graves sur les cordes d’une contrebasse. Et puis, il y a aussi le rapport de la contrebasse avec le « subwoofer », c'est-à-dire avec le caisson de basse »
Aussi le vernissage de ce jeudi soir doit être ouvert par une performance entre l’artiste sonore et le musicien Georges Cremaschi à la contrebasse. C’est ainsi que les curieux découvriront l’installation d’Adrien Giros au sein de la galerie Kostka, un espace cubique qui jouxte la MeetFactory :
« Il y fait très froid et donc il y a un peu ce côté glacial qui m’intéressait aussi. J’avais envie de créer comme cela une espèce de relique, de tombeau. C’est un peu anonyme en fin de compte, parce que je suis parti de cette histoire de Mozart mais cela ne m’intéresse pas forcément que l’on se dise qu’il s’agit de la mèche de cheveu de Mozart. Pour moi, c’est un élément déclencheur d’une histoire. Après quand on vient dans cet espace, on se raconte ce que l’on a envie de se raconter. »Devant ce tombeau, une mèche de cheveux protégée par quatre gardes matérialisés par des perruques ; tous vont subir les affres du vent et du son. Adrien Giros développe :
« Je veux à la fois donner une sensation physique de l’œuvre, de l’environnement, du son. En même temps, il y a aussi du visuel. Cela crée d’autres images. Et peut-être que la correspondance du son et de l’image peut donner des idées, créer de l’imaginaire. »
Influencé par l’artiste Joachim Montessuis dont il a suivi les cours, Adrien Giros insiste sur l’aspect physique de son approche du son, un son noisy et puissant :« Ce qui m’intéresse ce sont vraiment les basses fréquences, les vibrations, les choses qui vous rentrent dans l’estomac ou qui passent par les pieds, qui en fait sont physiques. Parce que les fréquences aigus, on les entend avec nos oreilles, les fréquences basses, on les entend avec notre corps. »
L’expérience que l’artiste propose au visiteur de vivre débute ce jeudi soir à 19h30 à la galerie Kostka. Il sera possible de l’éprouver jusqu’au 12 janvier prochain.






