Combien faut-il gagner pour vivre décemment aujourd’hui en Tchéquie ?
D’après la nouvelle étude menée par la « Plateforme pour un salaire minimum décent », les revenus actuels de près de deux tiers des Tchèques resteraient insuffisants pour leur permettre de subvenir correctement à l’ensemble de leurs besoins.
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En Tchéquie, qui est le pays qui affiche la perte de pouvoir d’achat la plus importante au sein de l’Union européenne depuis 2019, avec une inflation cumulée d’un peu plus de 40 % au cours des cinq dernières années que l’augmentation des salaires réels (+27 % sur cette même période) n’a donc pas permis de compenser, le « bien-être financier » comme le « bien vivre » demeurent, pour une majorité de la population, dont le budget reste plombé par la hausse des prix, un peu plus que de simples préoccupations quotidiennes.
Selon les nouveaux calculs, présentés mardi 22 avril et réalisés par une équipe composée d’une vingatine d’experts (économistes, sociologues, politologues) de l’organisation appelée « Plateforme pour un salaire minimum décent », 45 865 couronnes (soit environ 1 835 euros) étaient le montant du salaire minimum permettant de vivre « décemment » en Tchéquie en 2024. Un chiffre qui est une estimation de ce que devrait être le niveau moyen d’un salaire brut en échange d’un travail à temps plein (40 heures hebdomadaires) de manière à ce que les Tchèques puissent subvenir correctement à leurs besoins.
Selon la Plateforme, ce seuil de revenu permettait, en théorie, de couvrir les besoins de base d’un adulte vivant avec un enfant (eau, alimentation, habillement, logement, éducation, tansports, soins de santé...), les frais de loisirs et de se constituer une petite épargne de précaution. Il s’agit là, pour l’ensemble du pays, d’une augmentation de quelque 300 couronnes (12 euros) par rapport aux données précédentes qui portaient pour 2023.
À Prague et à Brno, les deux plus grandes villes du pays, ce montant grimpe à près de 54 000 couronnes (2 160 euros), soit une augmentation internannuelle de 6 200 couronnes (248 euros), essentiellement en raison du coût plus élevé du logement.
L’économiste Jan Bittner, qui est l’un des auteurs du calcul, précise également que 63 % des salariés en Tchéquie (59 % à Prague et à Brno), soit environ 2,5 millions de personnes, ont un niveau de rémunération inférieur à ce montant du salaire « décent » :
« La part est légèrement inférieure à celle de 2023, elle n’en reste pas moins relativement stable. Nous nous situons quelque part en dessous du salaire moyen. Les personnes travaillant pour l’État sont tombées en dessous du niveau du revenu ‘décent’ en raison de la stagnation des salaires dans le secteur public. Cette évolution a été compensée par une croissance plus forte des salaires dans le secteur privé. »
À noter aussi, outre les importantes différences entre les régions, les disparités et écarts entre sexes ou entre les secteurs public et privé. Ainsi, tandis que les chez les hommes, 56 % des employés percevaient un salaire inférieur au niveau de « décence » calculé, cette part grimpe à 72 % chez les femmes. De même, si 56 % des salariés du public touchent moins de 45 865 couronnes, la part passe à 65 % dans le privé. Enfin, à l’échelle nationale, seuls 32 % des Tchèques âgés de moins de 35 ans atteignent ce niveau.
Pour rappel, le salaire minimum en Tchéquie (que ne touchent que très peu d'employés) reste un des plus faibles au sein de l’Union européenne et s’élève actuellement à 18 900 couronnes (756 euros), un chiffre qui représente environ 40 % du salaire brut mensuel moyen (46 165 couronnes - 1 846 euros - en 2024). Un niveau moyen que quelque deux tiers des employés n’atteignent cependant pas non plus.








