Foot : pour le Slavia, nouveau champion de Tchéquie, c’est la fin de l’âge d’argent

SK Sigma Olomouc - SK Slavia Praha

Le Slavia règne de nouveau sur le football tchèque. Trois fois deuxième lors des trois dernières saisons, le club pragois a remporté le 22e titre de champion de Tchéquie (et de Tchécoslovaquie) de son histoire, samedi, en s’imposant (5-0) sur la pelouse d’Olomouc, mettant ainsi fin au semblant de suspense qu’il restait dès la 1ère journée des play-offs.

Alors qu’en hockey sur glace, il faudra attendre le septième et dernier match de la série de la finale des play-offs, mardi soir, pour savoir qui du Dynamo Pardubice ou de Kometa Brno, à égalité trois victoires partout après le succès du club de Bohême de l’Est en Moravie dimanche, sera le nouveau champion, en football, la lutte pour le Graal aura, cette saison, été en Tchéquie à peu près aussi indécise qu’en France, où le Paris Saint-Germain, très au-dessus de tous les autres, aura laissé ses adversaires se battre et s’entredéchirer pour les places d’honneur.

Jakub Elbel,  Radim Breite et Tomáš Chorý | Photo: Luděk Peřina,  ČTK

Comme en Ligue 1, donc, le Slavia a, lui aussi, rapidement écrasé toute forme de concurrence. Installés dans le fauteuil de leader depuis la 6e journée, en septembre dernier, à un moment de la saison où leur grand rival du Sparta semblait encore en mesure de défendre son titre, vainqueurs de la saison régulière avec 13 points d’avance, les Pragois ont décroché à Olomouc le titre dès la 1ère des cinq journées de play-offs.

Depuis l’instauration de ce système il y a quelques années, avec donc cinq matchs supplémentaires disputés entre les six premières équipes au classement à l’issue des 30 journées de saison régulière pour l’attribution du titre et des places européennes, jamais encore un club n’avait été sacré aussi vite.

Un chiffre parmi d’autres, comme la nette victoire de cinq buts obtenue sur la pelouse du Sigma, samedi, ou les deux petites défaites concédées depuis le début de cet exercice 2024-2025, qui illustre l’omnipotence pragoise tout au long de cette saison.

Après trois titres consécutifs entre 2019 et 2021, suivis d’une période de relative disette marquée d’abord par le sacre du Viktoria Plzeň (2022) puis le double couronnement du Sparta (2023 et 2024), le Slavia retrouve donc sa place tout en haut du football tchèque. Un succès auquel le défenseur latéral gauche sénégalais El Hadji Malick Diouf, rélévation de la saison, aura grandement contribué jusqu’à ses deux blessures consécutives au printemps.

Un titre synonyme de qualification directe pour la Ligue des champions

Mais, au-delà des incessants départs et arrivées de joueurs dans un club considéré comme un tremplin pour leurs carrières, ce retour au sommet récompense aussi et d’abord une certaine forme de stabilité et de continuité dans le travail puisque l’entraîneur Jindřich Trpišovský, en place depuis décembre 2017, achèvera, à l’issue de la 5e et dernière journée des play-offs, le 24 mai prochain, sa huitième saison sur le banc des « Sešívaní » (Rouge et Blanc).

Cette satisfaction du travail bien fait, c’est d’ailleurs d’abord ce qu’a exprimée Jindřich Trpišovský samedi, peu après un coup de sifflet final à la fois libérateur et synonyme d’une immense explosion de joie sur le terrain et dans les tribunes du stade d’Olomouc, où plusieurs milliers de supporters pragois avaient fait le déplacement :

Jindřich Trpišovský | Photo: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

« Je suis content que nous ayons joué et gagné ce match précisément ici, à Olomouc, avec cette magnifique tribune derrière le but que nos supporters avaient remplie une nouvelle fois. Tant qu’à être sacré champion à l’extérieur, autant que ce soit ici. C’est d’abord un grand soulagement que je ressens après les deuxièmes places de ces trois dernières saisons. »

« Je ne veux pas comparer ce titre avec les précédents, car chaque titre de champion marque l’aboutissement d’un travail avec une équipe, mais je peux quand même dire que, malgré notre avance, le niveau de notre championnat a considérablement augmenté ces dernières années. On le voit dans les stades, où le public est de plus en plus nombreux. La concurrence est forte, il y a de belles équipes derrière nous, et le championnat tchèque est un championnat compliqué. »

« Je pense aussi que j’ai dirigé l’équipe la plus complète depuis que je suis au Slavia et c’est pourquoi, aujourd’hui, je suis soulagé pour l’ensemble du club. Ma plus grande satisfaction est de voir des gens heureux autour de moi, et si c’est le cas, alors les chiffres ne sont pas si importants. »

Plus important, en revanche, à n’en pas douter aux yeux de Jindřich Trpišovský et des dirigeants du club pragois, propriété du milliardaire Pavel Tykač depuis désormais un peu plus d’un an, est que ce nouveau titre de champion de Tchéquie, le huitième pour le Slavia depuis la partition de la Tchécoslovaquie, est synonyme de qualification directe pour la prochaine Ligue des champions, la lucrative et prestigieuse compétition européenne à laquelle le club n’a plus participé depuis 2019. Une grande nouveauté, aussi, pour le football tchèque qui récompense les bonnes performances de ses clubs sur la scène continentale ces dernières saisons.