Confrontée au défi de recrutement, l’armée tchèque s’ouvre aux personnes sans diplôme
Pour relever le défi du recrutement, l’armée tchèque assouplit ces conditions d’admissibilité, notamment en ce qui concerne le niveau d’études requis. Elle s’ouvre désormais également aux titulaires d’un diplôme équivalent au brevet des collèges.
Ce changement a été rendu possible suite à l’adoption de l’amendement à la loi sur les soldats professionnels, qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain. Si, jusqu’à présent, un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) au minimum était requis pour se porter candidat à une carrière dans l’armée, désormais, le recrutement concernera aussi les personnes qui ont achevé leur scolarité au bout de la « 9e classe » (l’équivalent de la « troisième » dans l’enseignement secondaire en France).
Appelé « de base » ou « fondamental » en tchèque (základní vzdělání), ce niveau d’études limitera toutefois les possibilités de carrière. Ainsi, les personnes sans diplôme d’études secondaires (l’équivalent du bac) ne pourront occuper que des postes non qualifiés, tels que canonnier ou chauffeur, et parvenir qu’aux grades les plus bas, c’est-à-dire soldat ou caporal suppléant. Par ailleurs, ils ne pourront, dans un premier temps, s’engager que pour une période maximale de deux ans et seule une formation complémentaire une fois dans les rangs de l’armée leur permettra alors de progresser dans la hiérarchie militaire.
D’ores et déjà, l’armée tchèque se dit néanmoins prête à encourager ses nouveaux « employés » à poursuivre et à terminer leurs études secondaires. « Si ces personnes font leurs preuves, nous leur donnerons la possibilité d’intégrer des écoles de formation professionnelle ou de terminer leurs études secondaires. Notre objectif est de faire en sorte qu’ils progressent et puissent trouver un autre emploi dans l’armée », a expliqué le chef-adjoint de l’État-major, Miroslav Hlaváč.
Jusqu’à présent, l’équivalent d’un CAP étant nécessaire au minimum, l’armée tchèque est contrainte de refuser plusieurs dizaines de candidats chaque année. Et même si le nombre de soldats professionnels augmente progressivement, il reste très nettement insuffisant pour parvenir à l’objectif stratégique de disposer, d’ici à 2030, de quelque 30 000 professionnels tout en pouvant compter parallèlement sur quelque 10 000 réservistes opérationnels.
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Selon les dernières données de l’Office tchèque des statistiques, la Tchéquie compte plus d’un million de personnes possédant un niveau d’études équivalent au brevet des collèges en France. Le plus grand nombre d’entre elles vit dans le nord-ouest de la Bohême. L’armée souhaite donc profiter de ce potentiel inexploité, tout en donnant aux jeunes souvent issus de milieux défavorisés une seconde chance. « Tout au long de son histoire, l’armée a toujours accueilli des personnes socialement vulnérables et leur a permis de se construire une nouvelle vie », a remarqué le général Miroslav Hlaváč.
Professionnelle depuis 2004, l’armée tchèque a récemment assoupli d’autres critères d’admissibilité, notamment en ce qui concerne les tests physiques et l’état de santé des candidats. Ainsi, les personnes possédant une prothèse après une amputation ou encore celles ayant des problèmes de vue sont désormais acceptées pour certains postes.
Enfin, une augmentation des salaires des militaires est prévue par le ministère de la Défense.







