La promotion du communisme illégale en Tchéquie, mais le PC en lice pour les prochaines législatives

Le président de la République tchèque, Petr Pavel, vient de promulguer un texte interdisant explicitement la promotion du communisme, au même titre que celle du nazisme, dans l’espace public. L’application de cette nouvelle loi s’annonce d’autant plus compliquée que le parti communiste tchèque (KSČM) a présenté ce lundi son alliance avec d’autres formations, dont les sociaux-démocrates (SOCDEM) pour les élections législatives d’octobre.

Le texte, initié par des historiens notamment, prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans pour toute personne qui « crée, soutient ou promeut des mouvements nazis, communistes ou autres qui visent manifestement à supprimer les droits de l’Homme et les libertés ou à inciter à la haine raciale, ethnique, nationale, religieuse ou fondée sur la classe sociale ».

Kateřina Konečná est l’actuelle présidente du Parti communiste (KSČM) :

Kateřina Konečná | Photo: Vít Šimánek,  ČTK

« Nous ne promouvons pas une politique qui restreint les droits de l’Homme et les libertés. Le KSČM a toujours respecté l’ordre constitutionnel, ce qui a été confirmé à chaque fois qu’on a voulu l’interdire. Il s’agit d’une nouvelle tentative pour museler les critiques, cette fois par ce gouvernement asocial de censure et pro-ukrainien. »

Pour les élections législatives d’octobre, les communistes viennent de s’allier aux sociaux-démocrates du parti SOCDEM, qui s’est déchiré sur la question de cette alliance, avec le départ de certains membres historiques de cette formation, dont l’ancien ministre Jiři Dienstbier Jr.

La liste Stačilo! regroupe désormais,  hormis les communistes et les sociaux-démocrates,  le ČSNS et le SD-SN | Photo: Vít Šimánek,  ČTK

La liste Stačilo ! (Assez !) regroupe désormais, hormis les communistes et les sociaux-démocrates, le ČSNS et le SD-SN, deux formations non parlementaires, qui prônent elles aussi en matière de politique étrangère « la paix » et la « fin de la course à l’armement ». Le programme prévoit également le référendum sur des questions comme la sortie de l'OTAN et de l'UE ou l'entrée dans l'eurozone.

Difficile de dire dans quelle mesure cette réforme du code pénal – qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2026 – mettant les promotions du nazisme et du communisme au même niveau va encombrer ou non les tribunaux, dans un pays où le parti communiste arbore encore une étoile (https://www.kscm.cz/) et où la jeunesse communiste brandit la faucille et le marteau (http://www.ksm.cz/ ) – deux symboles bientôt potentiellement passibles de poursuites à Prague, où ce parti communiste (KSČ à l’époque) a gouverné sous la férule de Moscou entre 1948 et 1989, avec son terrible lot de victimes et d’injustices.

La semaine dernière, le chef de l’État a également promulgué dans le même temps une autre loi visant à indemniser les personnes harcelées et parfois forcées à l’exil par ce régime, dans le cadre de la tristement célèbre opération ASANACE (Assainissement) dans les années 1970 et 1980. Elles font partie des dizaines de milliers d’individus victimes du régime, condamnés, exécutés, abattus en essayant de franchir le rideau de fer ou bien contraints d’émigrer vers l’Ouest.