Des passionnés espèrent un grand rassemblement de 2CV en Tchéquie en 2029
Voiture iconique de la France des Trente Glorieuses, la « deudeuche » fait toujours l’objet d’un culte de passionnés à travers le monde. Du 29 juillet au 3 août, la ville de Postojna en Slovénie accueille le 25e Rencontre internationale des amis de la 2CV. Une délégation tchèque a pris la route ce mardi pour s’y rendre, avec à sa tête la coureuse automobile Barbora Holická qui a succombé au charme de la petite Citroën mythique. Alors que la Tchéquie espère accueillir cette rencontre en 2029, vingt ans après un grand rassemblement organisé à Most, Radio Prague Int. s’est entretenue avec Barbora Holická.
« Cette voiture a une âme, et c’est justement pour cette raison que je l’ai choisie pour le rallye Dakar Classic. Cette année, j’y ai participé pour la deuxième fois et j’ai vraiment adoré cette expérience. C’est une voiture qui, lorsque vous arrivez à un carrefour, donne le sourire aux gens. Ce n’est pas une voiture comme les autres : elle donne de la joie, et c’est quelque chose d’unique. A l’époque, je ne savais même pas qu’il existait une telle communauté autour des 2CV : c’est donc un véritable phénomène. »
En Tchéquie, on compte environ 500 2CV sur les routes. C’est pas mal pour un petit pays. Comment expliquer cet engouement pour la 2CV ? Est-ce lié aussi au fait qu’elle apparaît dans les films de Louis de Funès qui est très apprécié dans le pays ?
« Je pense que c’est comme une sorte de culte qui s’est développé au sein d’une communauté. Ces communautés sont présentes partout dans le monde. Elles se réunissent, organisent des événements, leurs propres manifestations, des randonnées à travers le pays, etc. En fait, la marque Citroën elle-même a tout simplement une grande communauté autour d’elle. De plus en plus de gens sont attirés par les 2CV ou leurs dérivés, et beaucoup de jeunes aussi : ils essayent les 2CV et tombent sous leur charme. Cette communauté est tellement géniale : ensemble, on visite plein d’endroits différents. Beaucoup de jeunes participent aussi, ce qui est super. Ça se transmet dans les familles : les parents roulent en 2CV, puis les enfants aussi. »
Quand on va en France, notamment dans certaines régions très rurales, il n’est pas rare de voir encore des 2CV utilisées au quotidien. En Tchéquie, on ne peut pas vraiment dire la même chose, et notamment à Prague, je pense n’en avoir jamais vu…
« C’est variable, on en trouve dans toute la Tchéquie. Il existe différents clubs, disséminés dans tout le pays. Mais il faut savoir aussi que beaucoup de gens utilisent leur 2CV quotidiennement pour se rendre au travail, c’est leur voiture habituelle et ils n’ont parfois même pas d’autre voiture. C’était le cas de ma voiture, celle que j’ai présentée au Dakar. Son propriétaire précédent l’avait depuis 20 ans et l’utilisait tous les jours pour se rendre au travail, car il n’avait tout simplement pas d’autre voiture. Il y a aussi beaucoup de gens qui ont des voitures normales qu’ils conduisent habituellement – généralement des Citroën car ils sont fidèles à la marque – et puis le week-end, ils sortent leur 2CV pour partir en balade, parce que c’est une expérience et que c’est amusant. On en voit aussi à Prague, mais moins, c’est sûr. »
Avec votre 2CV, vous avez fait le Dakar Classic, une compétition parallèle au Rallye Dakar. Qu’est-ce que le Dakar Classic et quelle était votre expérience de cette course ?
« Le Dakar Classic est en fait un retour à l’ancien Dakar tel qu’il était autrefois, à l’époque où il se déroulait en Afrique. Cela permet le retour de ces vieilles voitures qui aujourd’hui ne peuvent plus prendre le départ, parce qu’elles ne sont tout simplement pas à la hauteur au niveau technologique. Le Dakar a donc décidé de lancer ce ‘revival’ et construit un parcours en parallèle du parcours principal destiné aux voitures plus anciennes, mais qui n’est pas pour autant une promenade de santé. C’est un parcours très difficile, on roule à des vitesses très élevées, c’est vraiment une épreuve d’endurance, surtout pour la voiture. Pour les participants aussi : ce n’est pas une course pour savoir qui arrivera le premier à la fin, mais plutôt une course de régularité et de précision. Chaque jour, on parcourt le même nombre de kilomètres que les coureurs de la compétition principale, soit 600 voire 800 km, on a les mêmes bivouacs aux mêmes endroits. Personnellement, j’ai choisi Citroën, parce que je suis une fan de la marque avec laquelle j’ai toujours couru. Quand j’ai eu l’opportunité de participer au Dakar, j’ai donc tout simplement choisi une Citroën et j’ai choisi la 2CV parce que je savais que ça allait être amusant. »
La Tchéquie a accueilli un grand rassemblement de 2CV en 2009. En Slovénie où vous vous rendez pour ce même événement, vous espérez que votre candidature sera retenue pour 2029. Pourquoi la Tchéquie est-elle candidate ?
« Quand je suis arrivée dans cette communauté de passionnés, beaucoup de gens m’ont parlé de la rencontre de 2009 en Tchéquie, et combien c’était génial. Tout le monde en gardait un excellent souvenir. Ça m’a donc toujours trotté dans la tête et je me suis dit que nous avions les moyens d’organiser à nouveau une telle rencontre. A l’occasion de cette rencontre en Slovénie, il doit être décidé quel pays sera organisateur en 2029. Il y a plusieurs autres candidats comme la Macédoine du Nord, la France, la Lettonie et la Pologne, donc nous avons une forte concurrence. Pour nous, ça ferait 20 ans depuis la dernière rencontre, donc ce serait un beau symbole que notre candidature l’emporte. Nous avons donc préparé une présentation vidéo, avec une invitation du président tchèque à venir découvrir les beautés de la Tchéquie. L’actrice Chantal Poullain invite également tous les amateurs de 2CV à voter pour nous. Et puis, nous aurons un stand avec de la bière tchèque, de la limonade de Kolín et des spécialités tchèques. Le résultat sera connu samedi soir. »
En français, la 2CV a plusieurs surnoms : « deudeuche », « deuche », ou même « deux pattes ». En tchèque, on l’appelle « kachna », le « canard ». Pourquoi ce surnom ?
« Il existe deux versions pour expliquer ce surnom, mais on ne sait pas laquelle est la bonne. La première version, c’est que quand la voiture se penche, ça ressemble à la démarche du canard. La deuxième version, c’est que, aussi quand elle se penche, elle émet un son, un bruit qui évoque le cri du canard quand il vole. Voilà l’histoire de l’origine du mot ‘kachna’ pour la 2CV. »






