Un homme, 3 femmes et 5 médailles : avant les Alpes 2030, le prometteur bilan tchèque aux JO 2026
Avec un total de cinq médailles, dont deux d’or grâce à Metoděj Jílek en patinage de vitesse et à Zuzana Maděrová en snowboard, la République tchèque repart des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina avec un bilan bien plus satisfaisant qu’après Pékin il y a quatre ans. Au-delà du bilan comptable, cette quinzaine italienne a aussi été porteuse de belles promesses pour le sport tchèque dans l’optique des prochains Jeux d’hiver en 2030 dans les Alpes françaises.
Comme un symbole, ou plutôt comme un passage de témoin : ce sont deux patineurs de vitesse, Martina Sáblíková et Metoděj Jílek, respectivement représentants de l’ancienne et de la nouvelle générations, qui ont porté le drapeau tchèque lors de la cérémonie de clôture des XXVes Jeux d’hiver de l’histoire, dimanche soir à Vérone.
Médaillé d’argent puis d’or sur les 5 000 et 10 000 mètres à seulement 19 ans, Metoděj Jílek, deuxième patineur de vitesse tchèque de l’histoire à monter sur un podium aux JO, a succédé au palmarès et dans l’esprit du grand public à Martina Sáblíková, son aînée de dix-neuf ans. À 38 ans, l’ancienne triple championne et septuple médaillée olympique a participé à Milan à la dernière grande compétition de sa carrière.
Dans une moindre mesure, c’est aussi à un passage de témoin auquel on a assisté en snowboard avec la victoire, deux jours seulement après la cérémonie d’ouverture, de Zuzana Maděrová en slalom géant parallèle. Dans une épreuve où Ester Ledecká, ancienne double championne olympique de la spécialité, était la grande favorite, c’est sa jeune compatriote de 22 ans qui, à la surprise générale, a raflé le titre et tous les lauriers qui vont avec.
À ces trois médailles de Metoděj Jílek et de Zuzana Maděrová, donc, il aura également fallu ajouter celles d’argent de la « vétérane » Eva Adamczyková en snowboardcross, puis, enfin, de bronze de Tereza Voborníková en biathlon, samedi dernier, veille de la clôture de ces Jeux.
Tereza Voborníková a sauvé l’honneur du biathlon tchèque
Dans une discipline - le biathlon - très appréciée du public tchèque mais où les succès ont été relativement peu nombreux ces dernières années et où la dernière médaille olympique remontait à 2018, Tereza Voborníková a signé une performance tout à fait inattendue à Anterselva en terminant troisième d’une mass-start de toute beauté et finalement dominée par les Françaises Océane Michelon et Julia Simon, médaillées d’or et d’argent.
Elle aussi presque toute surprise de se retrouver mêlée à la lutte pour la victoire jusque dans le dernier tour de la course, la Tchèque, dont le principal fait d’armes jusqu’alors était une médaille d’argent en relais mixte aux Mondiaux en 2025, est ainsi montée, à 25 ans, sur un podium olympique pour la première fois de sa carrière. Seul petit regret : s’être retournée sur ses poursuivantes alors qu’elle était en tête après le dernier tir debout :
« Bien sûr, je savais qu’il fallait d’abord regarder devant moi, mais j’avais en même temps besoin de mettre un peu d’ordre dans ma tête, de la rassurer en quelque sorte et de lui donner des informations sur ce qu’il était en train de se passer et sur ce que j’étais en train de réaliser. Il fallait que mon esprit me laisse tranquille pour que je puisse continuer à avancer. »
« Honnêtement, c’était une situation difficile dans laquelle je ne m’attendais pas à me retrouver et malheureusement, je n’ai pas su comment la gérer. J’ai paniqué et c’est certainement un point sur lequel il va me falloir travailler à l’avenir, afin d’être capable non seulement de rester calme au stand de tir, mais aussi dans les moments où j’ai quelque chose à gagner sur la piste, pour que mon mental ne me freine pas, mais m’aide au contraire. »
Avec cinq médailles, soit trois de plus qu’à Pékin il y a quatre ans, dont deux d’or, la République tchèque, qui comptait le même nombre de représentants à ces Jeux que l’Autriche mais avec parmi eux une cinquantaine de hockeyeurs et de hockeyeuses, a terminé ces Jeux de Milan-Cortina à la 16e place au classement par pays.
Mais aux yeux du directeur sportif du Comité olympique tchèque, Martin Doktor, plus encore peut-être que le nombre de médailles, c’est l’âge des médaillés, et notamment des deux nouveau champions olympiques tchèques, qui importe en premier lieu :
« Le bilan est satisfaisant, c’est bien. Le classement par nations ne m’intéresse pas vraiment, contrairement à notre total de médailles et à nos résultats dans leur globalité. La première conclusion est que nous avons fait mieux qu’à Pékin en 2022. Nous avons remporté davantage de médailles, bien sûr, mais n’oublions pas non plus tous les classements dans les six à huit premières places. »
« Nous devons cette progression à l’arrivée d’une nouvelle génération qui est en train de grandir si l’on regarde également les résultats dans les compétitions juniors. Maintenant, l’enjeu est de les placer dans les meilleurs conditions possibles pour que ces jeunes puissent continuer à travailler jusqu’à atteindre un niveau leur permettant de se qualifier pour les Jeux olympiques et, éventuellement, de bien y figurer. »
Et pour tous ces jeunes sportifs tchèques prometteurs, le prochain grand rendez-vous pour bien figurer et briller aux Jeux d’hiver, en attendant une très improbable organisation à l’avenir du grand cirque olympique en Tchéquie même, comme a récemment déclaré en rêver le nouveau ministre des Sports, ce sera désormais dans les Alpes françaises en 2030.






