Nostalgie de la Fédération tchécoslovaque

15 ans après la partition de la Tchécoslovaquie, le moment est venu de se demander comment vivent Tchèques et Slovaques après leur séparation ? Quel souvenir gardent-ils de leur Etat commun? Sont-ils satisfaits de vivre séparément ou sont-ils plutôt nostalgiques de l’ancienne fédération ? Un récent sondage en Slovaquie dont les résultats ont été publiés par le quotidien SME montre que pour beaucoup de Slovaques, l’Etat commun n’a rien perdu de son charme.

Le correspondant de la radio publique tchèque à Bratislava, Lubomir Smatana, présente les résultats du sondage :

« La restauration de l’Etat commun ferait plaisir à 42 % des Slovaques. Seulement 41 % d’entre eux se sont prononcés pour une Slovaquie indépendante. C’est ce que signalait dans son édition de lundi le journal slovaque SME en constatant que la marque « Tchécoslovaquie » a toujours une bonne renommée et que le souvenir de l’Etat commun chez les gens est tout à fait positif. »

Ceux qui regrettent la fédération sont les plus nombreux et devancent ceux qui avaient de la sympathie pour la Tchécoslovaquie mais qui, aujourd’hui, apprécient la possibilité de vivre dans un Etat indépendant. Lubomir Smatana laisse entendre que ces sympathies pour la fédération en Slovaquie ne risquent pas de se traduire par une activité politique concrète :

« Les sociologues rappellent cependant que le rapport vis-à-vis de la Fédération tchécoslovaque doit être perçu comme une nostalgie et non pas comme une activité visant à la restauration de l’Etat commun des Tchèques et des Slovaques. Selon le même sondage, 5% seulement des personnes interrogées pestent contre la Fédération. »

Force est de constater cependant que la restauration de la Tchécoslovaquie ne figure dans le programme d’aucun parti politique représenté au Parlement slovaque. D’après le sociologue Pavel Haulik, cité par le journal Pravo, il y a plus de nostalgie de l’Etat commun chez les personnes âgées tandis que ceux qui ont réussi à s’imposer dans la nouvelle situation, ne manifestent pas un sentiment aussi fort. Et Pavel Haulik de prévoir que la nostalgie de la Tchécoslovaquie s’atténuera progressivement.

Du côté tchèque, les sympathies pour l’ancienne fédération sont bien moins fortes. D’après une enquête réalisée par le serveur Novinky.cz, 32 % des personnes interrogées seraient pour la restauration de l’Etat commun tandis que 66 % seraient contre.