« Notre activité est gravement menacée » : la lettre des restaurateurs au gouvernement

Photo illustrative: Archives de Radio Prague Int.

Certains des noms les plus célèbres de la gastronomie tchèque ont fait part de leur détresse dans une lette adressée en fin de semaine dernière au gouvernement. Leurs établissements et leur activité en générale est l’une des premières à subir les effets de la lutte contre le coronavirus.

Zdeněk Pohlreich, photo: David Sedlecký, CC BY-SA 4.0 International
« La majorité des restaurants gastronomiques de Tchéquie est aujourd’hui gravement menacée », constate cette lettre ouverte signée par une douzaine de chefs-cuisiniers et propriétaires d’établissements, qui évoque un article de loi selon lequel « l’Etat est obligé de compenser les dommages causés aux personnes physiques et morales par la mise en place de mesures de crise ».

Parmi les signataires de la missive, on retrouve certains des cuisiniers les plus médiatiques du pays, à commencer par Zdeněk Pohlreich, qui a animé pendant longtemps l’équivalent tchèque de Cauchemar en cuisine, le concept à succès du Britannique Gordon Ramsay.

M. Pohlreich a aujourd’hui 105 employés sous sa responsabilité dans trois établissements différents. Tomáš Karpíšek et Daniel Krondák, à la tête du groupe Ambiente, en ont environ dix fois plus, dans des établissements de différentes gammes, de la brasserie au restaurant étoilé au Michelin.

« La plupart d’entre nous a œuvré pour le développement de la gastronomie dans le pays et depuis tout ce temps nous savons bien que les établissements gastronomiques sont un organisme fragile. »

La fragilité de cet "organisme" n’est pas inconnue de l’actuel Premier ministre, à qui cette lettre est adressée en premier lieu. Andrej Babiš avait en effet ouvert il y a quelques années un restaurant de luxe sur la Côte d’Azur en France – le Paloma a fermé il y a quelques mois, peu après la perte de son étoile Michelin.

Photo illustrative: Archives de Radio Prague Int.
Une succursale tchèque du restaurant Paloma, avec également un hôtel-boutique de luxe, a ouvert sous le même nom il y a deux ans dans la proche banlieue pragoise de Průhonice, où réside le chef du gouvernement.

« Même s’il est évident que la priorité du gouvernement est la protection de la santé des citoyens, (…) sans aide financière clairement formulée de la part de l’Etat, la plupart des restaurateurs ne pourront continuer. Si l’aide du gouvernement n’est pas rapide, nous serons dans l’obligation de nous déclarer en faillite. Nous, mais aussi principalement nos employés et toute la chaîne de distribution est dans une situation à l’avenir incertain », conclut cet appel.

Le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, Karel Havlíček, a indiqué ce lundi matin que des nouvelles mesures allaient être annoncées dans la journée. « L’Etat, les banques, les sociétés énergétiques et de télécommunications doivent en cette période être accommodantes, notamment avec les PME », a-t-il indiqué.