Nounou pour animaux : un métier d’avenir en République tchèque ?

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Départs en vacances des clients, perte d’emploi, toutes les raisons sont bonnes actuellement en Tchéquie pour devenir « pet sitter », c’est-à-dire nounou pour animaux, ou gardien d’animaux.

3,4 millions, c’est le nombre de chiens et de chats qu’il y aurait en République tchèque selon une estimation de 2019. Garder les compagnons à poils des autres contre rémunération est devenu un secteur en pleine croissance ces dernières années, en particulier à Prague : c’est ce qu’on appelle le « pet sitting ».

Photo illustrative: Štěpánka Budková

Il est souvent difficile d’emmener son chien ou son chat en vacances. Certains propriétaires d’animaux de compagnie n’ont également pas le temps de promener Médor tous les jours. La solution la plus économique est alors de le confier temporairement à ses amis ou à sa famille, mais il existe aussi des services de garde d’animaux qui peuvent être très sophistiqués : le « pet sitter » peut proposer de s’occuper du toilettage, du dressage ou même du brossage des dents.

C’est le cas de la société Petland. Aneta Baklová en est la fondatrice et remarque que désormais, les propriétaires d’animaux de compagnie sont de plus en plus nombreux à solliciter les services des gardiens d’animaux.

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« Je pense que maintenant les gens gagnent assez d’argent pour rendre leurs animaux heureux, c’est pourquoi ils font appel à un 'pet sitter' professionnel. Une autre raison est que, parfois, ils ont eu une mauvaise expérience après avoir demandé à leurs proches de garder leur animal. En fait, les proches annulent souvent au dernier moment pour des raisons personnelles ce qui pose problème au propriétaire de l’animal car il doit trouver rapidement quelqu’un pour s’en occuper. Enfin, peut-être que certains préfèrent que la personne soit un professionnel dans ce domaine, un diplômé en éthologie – la science du comportement des animaux –  pour qu’il puisse éventuellement corriger les mauvaises habitudes de son animal. »

Cependant, comptez au moins 4 900 couronnes (environ 185 euros) pour faire garder votre chien par les employés de Petland, et c’est sans compter les options telles que le bain ou le nettoyage des oreilles. Toutes sortes d’animaux sont acceptés même les serpents, scorpions et araignées.

Une solution moins coûteuse est de faire appel à un gardien d’animaux indépendant. Il s’agit souvent d’étudiants, de retraités ou de personnes sans emploi. Vous avez peut-être déjà vu des passants promener cinq ou six chiens ? Il s’agissait sûrement d’un « pet sitter ».

Photo illustrative: Archives de Radio Prague

Alicia Lopez, expatriée espagnole arrivée à Prague il y a trois ans, garde depuis peu les chiens de ses clients chez elle. Comme beaucoup d’autres travailleurs du secteur du tourisme, Alicia Lopez a perdu son emploi au printemps, le « pet sitting » est un travail saisonnier de secours pour elle.

« J’aime les animaux et j’avais également besoin de gagner de l’argent rapidement, je n’avais pas le temps de postuler pour des offres d’emploi, d’attendre les réponses, de faire des entretiens, etc. En Espagne, j’avais l’habitude de garder les animaux de mes amis pendant leurs vacances quand j’étais étudiante alors je me suis dit pourquoi ne pas recommencer ? Je n’ai jamais eu mon propre animal de compagnie parce que je voyageais beaucoup lorsque j’étais guide touristique. Finalement, ça me plaît d’être 'pet sitter'. »

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Si les vacances de Noël et d’été marquent un pic d’activité pour les gardiens d’animaux, le « pet sitting » reste un métier précaire comme le confirme Alicia Lopez.

« J’essaye de retrouver un emploi stable. Je suis réaliste : garder des animaux ne me permettra pas de tenir très longtemps d’un point de vue financier. J’ai perdu beaucoup d’argent à cause de la pandémie… »

Cette année, les propriétaires d’animaux ont passé plus de temps avec leurs amis à poils en raison des confinements. Ainsi, bien que le nombre d’adoptions et d’achats d’animaux ait augmenté, 2020 n’a pas forcément été une bonne année pour les « pet sitters », qui ont été moins sollicité ces derniers mois. Finalement, les nounous de nos animaux de compagnie vont peut-être demander, comme tout le monde, la fin de l’épidémie de coronavirus comme cadeau de Noël.

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