Oui à la réforme, non aux recommandations de la Banque mondiale

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Pour mettre un terme au déficit budgétaire grandissant des finances tchèques, la Banque mondiale, en la personne de son représentant à Prague, Roger Growe, prescrit une cure d'amaigrissement que rejettent les ministres concernés, en raison de la réalité économique et sociale du pays. Omar Mounir.

Effectivement, la Banque mondiale est arrivée avec tout un catalogue de "tours de vis". Elle demande la suppression du soutien à l'épargne logement et à la construction du logement social, le report de l'âge légal de la mise à la retraite à 40 ans de travail effectif, et l'institution de l'école payante. Mais la liste n'est pas exhaustive, à en juger par ces propos de Roger Grawe, rapportés par le quotidien Pravo dans sa livraison de samedi. "Vous devez, a-t-il dit, diminuer, voire supprimer du budget national les dépenses sociales en général". C'est, à son avis, le remède approprié contre l'actuel cercle vicieux du déficit budgétaire.

Lequel déficit va en effet grandissant pour atteindre, l'an dernier, 70 milliards de couronnes, soit l'équivalent de 13,3 milliards de FF. Premier remède de la Banque mondiale, la réforme du système des retraites, très coûteux selon ses experts. Plus exactement, le report de l'âge de la retraite à 65 ans, alors qu'il est prévu qu'en l'an 2007 il sera de 62 ans pour les hommes et de 61 ans pour les femmes. Et ce n'est pas fini, la revalorisation des pensions de retraite ne devrait se faire qu'en fonction de l'augmentation des biens de consommation, à l'exclusion de toute indexation sur les salaires. Vladimir Spidla, ministre du travail et des Affaires sociales, n'est pas d'accord. Ces mesures, a-t-il dit, ne tiennent pas compte de la réalité sociale en République tchèque. Il admet cependant qu'une profonde réforme du régime des retraites est nécessaire et rappelle qu'elle est à l'étude dans son département.

La Banque mondiale sollicite aussi une sérieuse ponction dans la poche du contribuable, notamment par la diminution de la fréquence des visites médicales. La solution prescrite est l'augmentation de la participation du patient au remboursement des frais médicaux. Pour le ministre de la Santé, Bohumil Fiser, il n'est pas question d'augmenter cette participation.

Le ministre de l'Enseignement, Eduard Zeman, n'entend pas instituer le paiement de la scolarité et ne considère pas que les effectifs des étudiants soient faibles dans les écoles supérieures tchèques.

Ajoutons que la Banque mondiale demande l'augmentation du prix du transport et de la vignette. Ses responsables rappellent que ce n'est là qu'une opinion pour mettre la République tchèque au diapason de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Auteur: Omar Mounir
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