Pékin 2008, JO - un an : Olympic Watch dénonce les violations des droits de l'homme

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Dans un an exactement débuteront les Jeux Olympiques de Pékin. A cette occasion, l'organisation Olympic Watch a lancé un appel pour se remettre en mémoire que chaque jour, en Chine, les droits de l'homme sont bafoués.

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Quatre représentants de Reporters sans frontières qui tiennent une conférence de presse non autorisée devant le bâtiment du Comité d'organisation des JO à Pékin. Un groupe de huit membres du congrès américain qui demande le boycott des Jeux Olympiques. A un an du coup d'envoi d'un des plus grands événements sportifs mondiaux, les voix se font de plus en plus entendre pour dénoncer les violations des droits de l'homme dans l'empire du milieu. En République tchèque également, où depuis 2001, l'organisation Olympic Watch se veut un organe de surveillance. Créé par trois anciens dissidents tchèques, dont Jan Ruml, ancien vice-président du Sénat, Olympic Watch rappelle que la situation en Chine ne s'est pas améliorée. C'est ce qu'a expliqué Petr Kutilek, porte-parole d'Olympic Watch, au micro de RP :

« Pour nous, ce qui est le plus important en ce moment, c'est la liberté des médias que Pékin a promis de respecter lorsqu'elle a posé sa candidature aux JO, sans pour autant tenir ses promesses. Il y a eu quelques signes encourageants toutefois : la manière dont les tribunaux décident d'appliquer la peine de mort a été légèrement modifiée, une réforme du système des camps de rééducation est envisagée et Pékin a simplifié les règles pour les journalistes étrangers en Chine. Bien entendu, nous attendons les conséquences concrètes de ces mesures pour pouvoir dire que la situation en Chine s'est améliorée. »

Et bien entendu, Olympic Watch entend que le bol d'air accordé aux journalistes étrangers concerne également les journalistes chinois.

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La préparation de cette grand-messe du sport qui devrait être placée en théorie sous le signe de l'esprit olympique a néanmoins des retombées directes sur la vie des habitants de Pékin, comme le rappelle Petr Kutilek :

« A Pékin, plusieurs centaines de milliers de personnes ont été chassées de leurs maisons, souvent, sans compensation aucune. Le leader de leurs manifestations pacifiques, Ye Kuo-tchou a été condamné à quatre ans de prison et aurait été torturé. Pour nous, c'est un prisonnier de conscience et il doit être libéré. Son emprisonnement est une honte. Sinon, selon Amnesty International il y a des abus dans l'utilisation des camps de redressement justement en lien avec la préparation des JO : des personnes sont retenues, sans procès, et le gouvernement chinois tente de nettoyer la ville des personnes gênantes. »

En 1980, alors que la guerre froide battait encore son plein, les Américains avaient boycotté les JO de Moscou qui lui avait rendu la pareille en 1984. Mais nous sommes en 2007 et les temps ont changé, explique encore Petr Kutilek :

« Le sport est une source importante de revenus pour les sportifs, donc pour eux c'est problématique de boycotter les Jeux. En outre, aujourd'hui, le monde ne devrait pas fonctionner comme c'était le cas à l'époque, dans l'esprit d'un affrontement ouest contre est, même si la Chine le fait parfois. Un boycott organisé par les pays n'est pas la meilleure solution mais les sportifs devraient pouvoir décider individuellement de leur position par rapport à la situation. »