Pénurie de viande de porc tchèque et augmentation possible de son prix

La République tchèque a perdu son autarcie dans l'élevage des porcs et la production de viande de porc. Si cela continue, les producteurs tchèques perdront leur influence sur le marché intérieur, ce qui pourrait conduire à l'augmentation du prix du porc dans le panier de la ménagère.

C'est ce qu'a déclaré, lors d'une conférence de presse, mercredi, le président de la Chambre agricole tchèque, Jan Veleba. Les données fournies par l'Office tchèque des statistiques lui donnent raison. Tous les ans, un éleveur de porc sur dix arrête ses activités en Tchéquie. Au cours des sept dernières années, le nombre de porcs élevés dans le pays a baissé de 870 000 et n'est plus que de 2 816 000 aujourd'hui. Il faut prendre en compte, pourtant, que l'élevage des porcs a une grande tradition en République tchèque et que chaque citoyen consomme, chaque année, dans les 41 kilogrammes de viande de porc. D'après Jan Veleba, le fourrage représente la plus grosse dépense dans un élevage, et le prix du fourrage a doublé en comparaison avec l'année dernière. Il affirme que l'Etat devrait commencer à s'intéresser à ce problème :

Jan Veleba
« Par exemple, les Slovaques qui vivent une crise semblable à celle qui existe ici, possèdent déjà des programmes de soutien concrets pour les éleveurs de porcs. Ils ont envoyé le projet à Bruxelles et demandé sa notification. En République tchèque, nous n'avons même pas réussi à entamer le dialogue sur ce problème. »

En effet, le ministère de l'Agriculture est persuadé que la situation n'est pas aussi alarmante que le laissent entendre la Chambre agricole et les éleveurs. Il refuse les arguments présentés, par exemple, par le directeur de Centroodbytu (Centre national de distribution de la viande), Pavel Krejcik, qui affirme que beaucoup de pays de l'Union européenne soutiennent en secret leurs agriculteurs par des subventions diverses et des exonérations de taxes ou impositions. A cela, le ministère répond qu'il n'en a pas connaissance et qu'il n'introduira pas de telles pratiques. Jan Veleba, président de la Chambre agricole, affirme que la production de viande de porc va encore baisser, en raison de la hausse des prix des céréales, et il ajoute :

« Le prix du porc sur le marché du gros, donc ce que reçoivent les éleveurs, les fermiers, n'a non seulement pas augmenté, mais continue de baisser ces derniers temps. La différence entre le prix de revient d'un kilo de proc et le prix de vente au grossiste est de cinq couronnes aujourd'hui. »

Quelques chiffres qui prouvent bien que la production de la viande de porc est en crise : avant l'entrée de la Tchéquie dans l'Union européenne, le pays était autosuffisant, l'année dernière la production ne couvrait que 80 % de la demande et, cette année, ce ne sera que 75 %. Et la ménagère et son panier ? Elle doit s'attendre à une hausse des prix de son rôti dominical, en raison de l'augmentation des prix du fourrage, mais aussi des importations de viande de porc.