Plongée dans la Tchécoslovaquie de l’entre-deux-guerres au café Šlágr
Au café Šlágr, dans la rue Francouzská, à Prague, vous serez servi par son propriétaire, Michal Appl, entièrement vêtu à la mode de la Première République tchécoslovaque dans un cadre décoré dans le style des années 1930. Au micro de Radio Prague Int., il a raconté sa passion pour cette période ainsi que l’histoire de ce café pas comme les autres.
Outre les pâtisseries qui garnissent la vitrine du comptoir et le menu qui liste les douze choix de brunchs servis dans le café, ce qui frappe, ce sont les airs de musique populaire tchèque de l’entre-deux-guerres qui emplissent le lieu. Le créateur de cette ambiance Michal Appl explique ce qui l’a poussé à créer ce lieu atypique :
« Quand j’étais petit, je regardais avec ma grand-mère des films tchécoslovaques des années 1930. Cette époque me fascinait, tout simplement. De plus, ma grand-mère avait une maison très ancienne que j’aimais beaucoup. Grâce à tout ce qui m’entourait, à ces films et à cette musique, j’ai commencé à m’intéresser de plus près à cette période au point que j’ai commencé à collectionner des objets de cette époque. Quand j’ai quitté mon précédent travail qui ne me plaisait plus, j’ai reçu une offre pour créer un café et j’ai lancé ce projet. Cela fait seize ans qu’il existe maintenant. Entretemps, j’ai évolué, et je collectionne également des objets qui remontent jusqu’au XIXe siècle. Toutefois, le café plonge toujours les clients dans l’ambiance des années 1920-1930, parce qu’il existe ici une grande nostalgie pour cette époque de la Première République tchécoslovaque. »
« En Tchéquie, les années 1930 sont très enracinées »
Comme l’explique Michal Appl, la période de l’entre-deux-guerres est perçue par beaucoup comme un âge d’or, celui d’une Tchécoslovaquie démocratique à la vie culturelle bouillonnante :
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« Nous aimons les films et les chansons de cette époque. Et puis il y a toutes ces icônes du cinéma et du monde de la musique comme Oldřich Nový, Rudolf Antonín Dvorský, ou les actrices, comme Adina Mandlová. Le jeune Etat tchécoslovaque est, bien sûr associé dans l’esprit des Tchèques avec les grandes personnalités politiques de l’époque, notamment avec le président T. G. Masaryk, ainsi qu’aux intellectuels tels que l’écrivain Karel Čapek. »
La musique diffusée dans le café Šlágr (mot qui désigne en tchèque une chanson populaire, un tube) est d’ailleurs un pur produit de l’entre-deux-guerres :
« Ce sont des enregistrements absolument uniques d’émissions de radio, conservés sur des disques privés datant de cette époque. Des gens enregistraient sur disque ce qui passait à la radio. Ici, il s’agit d’un enregistrement des années 1940 de R. A. Dvorský. Ce sont les mêmes tubes incroyables que ceux sortis sur des disques classiques, mais ils sont joués complètement différemment, car ils ont été enregistrés avec un microphone différent de celui du studio, ce qui leur confère un son très particulier. »
La Première République tchécoslovaque n’est pas qu’un souvenir nostalgique : elle est au fondement même de la continuité historique de l’Etat tchèque actuel qui célèbre le 28 octobre, jour de la proclamation de l’indépendance de la Tchécoslovaquie en 1918, comme fête nationale. Pour mieux faire revivre l’atmosphère de cette période, il suffit de rendre visite à Michal Appl au café Šlágr.







