Pour la deuxième fois, les Tchèques comptent les oiseaux de leurs jardins

Photo: Barbora Němcová

Après un premier recensement hivernal des oiseaux, organisé en République tchèque en janvier 2019, les Tchèques sont à nouveau invités à compter ce week-end, pendant une heure, les oiseaux de leur jardin. Il y a un an, plus de 14 000 personnes ont participé à cette opération nationale. Ils ont comptabilisé près de 250 000 oiseaux de dizaines d’espèces différentes, parmi lesquels la mésange, l’oiseau le plus commun en République tchèque.

Photo illustrative: Barbora Němcová

Les enfants de l’école élémentaire de Petřiny, dans le VIe arrondissement de Prague, participent eux-aussi à ce recensement des oiseaux lancé ce vendredi, pour la deuxième année consécutive, par la Société ornithologique tchèque. Pour cette institution, l’opération représente une source d’informations précieuse, comme nous le raconte Dita Hořáková :

Photo: Barbora Němcová
« Sans la participation du public, nous ne pourrions jamais récolter un nombre aussi important de données. Progressivement, nous devrions être capables d’évaluer les tendances des populations d’oiseaux en Tchéquie, de constater si leur nombre baisse ou non. »

L’ornithologue Kateřina Ševčíková explique pourquoi il est important d’identifier des espèces qui hivernent en République tchèque :

« Nous en savons assez sur les populations d’oiseaux nicheurs communs, tandis que nous avons un minimum d’informations sur le nombre d’oiseaux qui passent l’hiver ici. Le comptage nous permet aussi d’identifier des espèces plus rares qui peuvent être de passage en République tchèque, comme par exemple le jaseur boréal, un oiseau qui niche en Europe du Nord mais qui passe ordinairement l’hiver en Europe centrale. En même temps, cette opération de comptage est censée sensibiliser le grand public à la protection des oiseaux et de la nature en général. »

Les volontaires peuvent observer les oiseaux venant se nourrir dans les mangeoires qui leur sont destinées et peu importe s’ils se trouvent dans un jardin, dans un parc ou sur un balcon. Toutefois, il est nécessaire de respecter le délai d’observation, comme l’explique Martin Pudil, ornithologue à Liberec :

« Pour que les résultats soient comparables, il faut que l’observation dure précisément une heure, ni plus ni moins. Les volontaires doivent noter toutes les espèces d’oiseaux qui apparaissent dans la mangeoire, ainsi que leur nombre respectif. Les données peuvent être saisies en ligne, sur le site de la Société ornithologique tchèque, ou alors on peut remplir un formulaire papier et le retourner à la société par courrier. »

Photo: Bernd Marczak / Pixabay, CC0
Lors du recensement 2019, les Tchèques ont donc observé plus d’un quart de million d’oiseaux. Les résultats de cette campagne avaient montré que la mésange charbonnière était le volatile le plus commun dans les jardins, suivie par le moineau friquet et le moineau domestique. Parmi les autres espèces qui fréquentent les mangeoires tchèques en hiver figurent la mésange bleue, le verdier d’Europe, le chardonneret élégant, le merle noire, la tourterelle turque ou encore le pinson des arbres.

Que faire si l’on n’arrive pas à identifier certaines espèces ? Voici un conseil de Kateřina Ševčíková de l’Association morave d’ornithologie :

« Cela arrive fréquemment, personne ne connaît tous les espèces d’oiseaux, pas même les ornithologues ! Si l’on a un doute, il faut tout simplement le noter dans le formulaire. J’invite les gens à nous envoyer des photos ou des enregistrements vidéo des oiseaux qu’ils ne connaissent pas. Car on peut même installer une petite caméra dans la mangeoire et observer les oiseaux à distance, voir comment ils communiquent entre eux. Parfois, il y a des choses incroyables qui s’y passent ! Pour moi, c’est la meilleure chaîne de télévision. »