Prague accueille un sommet extraordinaire du V4

Photo: ČT24

Peu avant la tenue d’une réunion du Conseil de l’Europe, Prague accueille ce lundi un sommet extraordinaire des pays du groupe de Visegrád (République tchèque, Slovaquie, Hongrie et Pologne). Organisé par le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, ce sommet qui se déroule également en présence des représentants de la Bulgarie et de la Macédoine, a pour thème principal la crise migratoire mais entend aussi commémorer le 25e anniversaire de la naissance de ce groupe informel, aussi appelé V4.

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Les Premiers ministres des pays du V4 se réunissent ce lundi à Prague pour discuter notamment de la protection des frontières de l’UE face à l’afflux des migrants illégaux. Cette rencontre qui précède la réunion du Conseil de l’Europe prévue les 18 et 19 février, vise à définir une position commune des quatre pays à l’égard de possibles solutions à la crise, ainsi qu’à discuter de la coopération du groupe de Visegrád et des pays des Balkans autour de la protection des frontières extérieures de l’Union européenne.

Aussi invités, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, et le président macédonien, Gjorge Ivanov, sont arrivés dans la capitale tchèque notamment pour traiter d’une solution alternative que prépare le V4 au cas où la Grèce et la Turquie ne parviennent pas à maîtriser la situation. D’après les termes de cette alternative, les limites de Schengen pourraient être déplacées aux frontières sud de la Bulgarie et de la Macédoine ce qui séparerait la Grèce de l’espace Schengen. Si la Grèce joue un rôle clé dans la résolution de la crise, le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, a refusé la participation au sommet pour des questions d’agenda.

Gjorge Ivanov avec Miloš Zeman, photo: ČTK
Secrétaire d’Etat en charge des affaires européennes, Tomáš Prouza indique qu’à l’heure actuelle, les pays discuteront de différentes formes de l’aide relatives à la protection des frontières qui pourrait être fournie à ces pays, et notamment à la Macédoine :

« Nous proposerons à la Macédoine de l’argent, de l’équipement et une garantie à long terme de la part de nos policiers. En ce moment, 27 policiers tchèques sont présents en Macédoine, un nombre qui va encore augmenter. Nous réagissons d’ailleurs à l’appel de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui a envoyé, il y a trois semaines, une lettre aux 28 pays-membres et les a invités à aider la Macédoine qui ne fait pas partie de l’Union européenne. »

L’idée de déplacer la frontière de Schengen a néanmoins provoqué une vague de désaccord dans certains pays européens. Selon le journal allemand Der Spiegel, par exemple, ce projet s’oppose au plan de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui s’efforce d’améliorer la coopération entre l’UE et la Turquie. Cette coopération a été convenue par un accord signé en novembre dernier selon lequel la Turquie devrait recevoir un soutien à hauteur d’environ trois milliards d’euros afin de gérer la crise migratoire dans le pays. De même, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, indique que l’Allemagne a manifesté son mécontentement vis-à-vis du sommet auprès du chef de la diplomatie slovaque. Tomáš Prouza nie néanmoins l’existence d’un problème similaire en République tchèque :

« J’ai parlé avec l’ambassadeur d’Allemagne le vendredi dernier. Il s’agissait du même débat sur ce sommet que celui que j’ai mené avec plusieurs autres ambassadeurs. L’Allemagne a demandé, bien entendu, quels étaient nos objectifs. Je lui ai expliqué de la même manière qu’aux autres ambassadeurs. »

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S’opposant au désaccord de l’Allemagne, le Secrétaire d’Etat en charge des affaires européennes souligne également que le projet du renforcement de la protection des frontières macédoniennes et bulgares ne représentent qu’un plan de réserve et qui pourrait être adopté uniquement si la « variante turque » échouait :

« Pour nous, l’accord de coopération avec la Turquie représente une solution fondamentale. Mais à l’heure actuelle, nous voyons que la Turquie manque à sa parole. Toutefois, nous n’appelons pas encore à adopter un plan alternatif. Nous soutenons cet accord avec la Turquie. Mais si un des pays européens, comme l’Allemagne ou l’Autriche, ferme ses frontières, nous devrons savoir comment agir pour maintenir la paix dans les Balkans et pour empêcher que des centaines de milliers de personnes restent enfermées dans l’espace entre la Grèce et l’Allemagne. »

Outre la crise migratoire, les pays du groupe de Visegrád parleront des relations entre l’UE et le Royaume-Uni et commémoreront les 25 ans de la coopération du V4 (à consulter, notre article sur le sujet : http://radio.cz/fr/rubrique/histoire/le-groupe-de-visegrad-a-25-ans).