Pris en flagrant délit d'excès de vitesse, le président de la police se « condamne » lui-même

Vladislav Husak, photo: CTK

Trois semaines après que le système de permis de conduire à points ait été instauré en République tchèque, le président de la police a été pris la main dans le sac. Suivi, mardi et mercredi, par une équipe du quotidien Mlada fronta Dnes, alors qu'il se trouvait au volant de sa voiture personnelle et se rendait à son travail, Vladislav Husak a été pris en photo par les journalistes à 190 km/h sur l'autoroute alors que la vitesse maximale autorisée est de 130 km/h.

Vladislav Husak, photo: CTK
Treize points, un an de retrait de permis et 790 euros d'amende : telles sont les sanctions prévues pour tout automobiliste pris par la police en flagrant délit d'excès de vitesse sur l'autoroute et en agglomération, et de dépassement dangereux, comme l'a été cette semaine Vladislav Husak. Ce barème est appliqué depuis l'entrée en vigueur, le 1er juillet dernier, du nouveau code de la route et avec lui du permis de conduire à points. Des mesures drastiques critiquées d'une manière générale pour leur application souvent trop stricte par la police, mais qui ont au moins le mérite de tendre à faire de la majorité des Tchèques des automobilistes presque modèles, ne serait-ce qu'en ce qui concerne le respect des règles de circulation.

Or, voilà que, jeudi matin dernier, le président de leur « chère » police se retrouve en première page de l'un des deux quotidiens les plus vendus dans le pays. La photo en une du journal, prise depuis la voiture des journalistes suiveurs, montre un compteur indiquant 190 km/h et le véhicule les précédant, la Skoda Superb de Stanislav Husak, en train de réaliser une manoeuvre dangereuse pour doubler sur un tronçon d'autoroute entre Karlovy Vary, en Bohême de l'Ouest, et Prague.

Mais au-delà encore du délit en lui-même, là où le bât blesse encore plus et provoque l'indignation de la presse et de l'opinion publique est que le chef de la police se soit infligé lui-même une sanction, aucune procédure disciplinaire n'ayant été engagée à son encontre. Après s'être excusé publiquement, avouant être « conscient de son erreur », Vladislav Husak a donc remis aux autorités son permis pour trois mois et promis de verser 330 euros à une association caritative. Il a toutefois refusé de démissionner, argumentant que cela n'avait « rien à voir avec [sa] fonction de président de la police ».

En réaction à l'affaire, les responsables politiques font, quant à eux, profil bas. « J'ai son aveu qu'il roulait vite, mais il ne sait même pas à quelle vitesse, il sait seulement qu'il était pressé. C'est tout. Sur la base de ces arguments, je peux difficilement prononcer une quelconque sanction », a réagi le ministre de l'Intérieur, Frantisek Bublan. Quant au Premier ministre Jiri Paroubek, qui mène depuis sept semaines de délicates négociations post-électorales pour la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale, il s'est contenté de déclarer que ce n'était « pas le principal problème de cet été ». Ce ne sera d'ailleurs pas vraiment un problème pour Vladislav Husak non plus, puisque pendant la période où il sera sans permis, le président de la police aura à sa disposition, toute la journée, les services d'un chauffeur pour ses déplacements professionnels, y compris entre son domicile et son lieu de travail.