Quatre oeuvres créées pour la cour de Rodolphe II sont exposées au Château de Prague

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La Beauté rodolphienne - tel est le titre de l'exposition qu'on peut voir, dès ce mardi, à la Galerie du Château de Prague, une exposition de petites dimensions, certes, mais d'autant plus intéressante. Les amateurs d'art peuvent y voir quatre oeuvres, trois tableaux et une statue, crées très probablement pour l'empereur Rodolphe II par les artistes célèbres qui travaillaient à sa cour et sont aujourd'hui considérés comme de grands représentants du maniérisme rodolphien.

Dans la seconde moitié du XVIe siècle Prague est devenu, grâce à l'empereur Rodophe, un important centre politique, spirituel et artistique. Rodolphe en a fait la capitale de l'empire, ce qui attirait les personnalités importantes de toute l'Europe. Amateur d'art et des sciences occultes, Rodolphe s'entourait de penseurs, savants, musiciens, peintres et aventuriers, ce qui a conféré à sa cour et à toute la ville un grand rayonnement culturel. Parmi ces personnalités, il y avait aussi les trois artistes dont les oeuvres sont exposées actuellement au Château de Prague. Il s'agit du peintre allemand, Hans von Aachen, ayant vécu entre 1552 et 1615, du peintre et graveur hollandais, Bartholomeus Spranger, né en 1546 et mort en 1611, et du sculpteur hollandais, Adrian de Vries, dont la vie est limitée probablement par les dates 1545 et 1626. Selon la commissaire de l'exposition Magda Machkova, expliquer les sujets des tableaux rodolphiens n'est pas toujours facile :

« Il s'agit de deux toiles aux sujets mythologiques inconnus jusqu'à présent et bien compliqués, comme il était de coutume à cette époque. Le thème d'une toile est religieux. Elle représente sainte Marie-Madeleine. »

Le premier représente une pétulante bacchanale dont les protagonistes sont probablement Vénus et Amour que le peintre a saisi en compagnie de deux satyres. Ce tableau sera une révélation même pour les connaisseurs. Créé probablement pour les collections impériales, il a en été retiré plus tard sans doute à cause de son sujet érotique. Le portrait de sainte Marie-Madeleine, du même auteur, est une toile qui représente un sujet bien différent. Le thème religieux avec des détails maniéristes laisse entendre que ce tableau saisissant et spirituel a été créé sur commande pour un ecclésiastique.

C'est grâce aux frères Dino et Giovanni Tomasso que ces oeuvres inconnues peuvent être exposées au château de Prague. Les deux collectionneurs les ont achetées lors d'une vente publique, les ont fait restaurer et les ont mises à la disposition de la Galerie du Château. Le cercle se referme. Après quatre siècles, les oeuvres de ces grands auteurs maniéristes reviennent à l'endroit pour lequel elles ont été créées. Le public de Prague aura désormais l'occasion de les voir pendant toute une année.